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Une petite insomnie, mon ange. Corps brûlant, envie qui ronge, se tordre et se retordre dans le lit. Tu dors. Mes reins te jalousent, exigent l’apaisement, l’ardeur et puis le silence, quand petite jouissance endort, ou grand plaisir assomme. Les cuisses serrées, les fesses contractées, je cherche ton corps, m’encastre entre tes jambes, m’impose contre ton ventre. Faut-il dire le manque ? Faut-il réclamer plaisir, quand l’un est repu, mais l’un seulement ? Dans la nuit, je pense. Au désir. Au vide. A la séduction. A ces voyages partagés, aux petites morts entre tes bras, aux audaces silencieuses. Et mes yeux se ferment. Pourtant je sens ton corps qui s’éveille, bien avant ta conscience, je sens nos éloignements, je sens le froid.
 

Au matin, ton rêve habillé, quand enfin nuit m’a prise. Est-ce mon envie qui voyage, ces hommes dans mes rêves, inconnus ou amis proches? Comme si la fantaisie envahissait mon seul espace de liberté absolue, le rêve. Nous sommes tous contraints, d’une façon mièvre et grise, ou du rouge de l’ardeur. J’ai choisi le zéro quinze treize zéro. La chair rosée. Le rose tendre sous la soie, la légère humidité du ventre, la ligne claire au creux des reins. J’ai choisi la peau, et ses abandons émouvants. La mienne, dont je peux tout dire, la tienne que je lis avec attention, guettant son frisson, caressant sa déraison.

Le beau, mon ange, nous caresse de vie.

Au jour des doutes, l’impulsion électrique revient, diode de folie, et les ventres jouissent, et les corps sourient, les souffles se font râles. Ton extase, ce matin-là, est pour moi le plus doux des cris de vie.

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