A la lune

Il y a toujours un moment où votre voix s’éraille. Comme une fragilité, une pudeur inattendue. Dire le désir est déjà le trouble. La petite fenêtre éclatée laisse passer la froideur d’un printemps mal embarqué. L’humide froid, celui que nous n’aimons pas, mais qui rampe entre voile et peau, perle à nuque et glace ce soir.

Il faudra réchauffer ma peau, Darling.

Il faudra prendre mes pieds entre vos mains, et souffler doucement l’astragale, et baiser tendrement le dessin noir qui raconte l’envie à mes pieds.

Il faudra, Darling, que vos mains s’enhardissent à longues cuisses, chair tendre et délicate, prélude à la moiteur. A cuisses, à cul votre bouche, car le gel me transit, et le feu s’oublie.

Et ventre, Monsieur, vous livrera ses doux secrets, ses velours nervurés d’audace, ses humeurs salines à corps envouté… Ventre vous dira que sein trépigne de vos doigts, que reins s’affame de vos lèvres, et puis cou.

A cou, vous murmurerez doux, racontant vos envies, vos dérives imprécises entre peau et moi, votre chaleur douce et votre désir rugueux.

A cou, vous dessinerez le lien, imaginaire fantaisie des plaisirs liés.

Lorsque votre bouche lentement soufflera, je saurai que vos reins ont faim, que votre sexe dans ses émois cherche route où s’égarer. Notre voyage à mains tendres commencera à promenade nus pieds, l’eau brûlante sur ma peau de brume, et votre offrande à la lune.

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