Au bon moment

Je te regarde longuement. Tous ces mots écrits, ces désirs soupirés, ces invitations qui n’en sont pas. Je voulais ta chair contre ma chair, plus que des mots sans fond. Tu es là, ta carcasse, tes yeux qui ont vu le monde, le beau et le laid, ton jeans boutonné et tes airs de rien. Je regarde tes mains. Je les ai imaginées cent fois, autour de mes seins ou sur mes hanches, j’en ai rêvé la nuit, je leur ai inventé une vie. 

Dans mes yeux, comme je t’ai fantasmé. Entre mes cuisses,  comme tu es. Fragile équilibre entre vie d’hier et d’aujourd’hui, entre nos confidences silencieuses et nos désirs assumés.

Je te déshabille. Des yeux d’abord. Parce que j’aime ça, voir ton trouble, ton sourire mi-surpris mi-ému quand mon regard s’attarde sur le creux de ton cou, l’angle de ton coude, la pulpe de tes doigts. Je veux tes doigts dans mon sexe. 

Tes cuisses solides, ta façon de me regarder un peu d’en haut. Je vois ton sexe lutter contre la toile. Oui, j’aime ça, voir ton désir, tes envies, entendre tes fantaisies, encore, découvrir chaque jour un peu plus de tes frissons. Je sais combien tu aimes mes mains autour de ton sexe, glissantes , douces, enivrantes. Je sais que tu rêves à ma bouche, le soir venu, quand la vie nous éloigne, et que tu en attends la douceur… Je sais que mes doigts vagabonds régalent ta peau, tes fesses et plus encore.


Ce soir, il y a juste toi et moi. Ton sexe droit, au centre de mes failles, au cœur de nos dérives, point de rencontre de ma chair rosée. Tu as trouvé les mots et rappelé à toi mes appétits illusoires, rallumé les terres mortes en embrasements insatiables, ouvert la boîte de mes charmes pour éclairer tes matins hagards. 

Chaque jour, nos heures rouges incendient les draps, et nous oublions les mots. Tu lèches mon corps comme on savoure un voyage, et je gémis dans ta bouche, frissons inconsolables aux abandons orangés. Déraisons rationnelles, certes, mais sais-tu si la peau est douce ? Approche. Plus près. 

Lâche prise, je suis là. J’aime l’odeur de ton corps, quand tu te libères du monde du dehors et me réserve le sel de ta chair, l’oubli de ton ventre, ton sperme sur ma peau. Je te respire encore, et m’enivre. 

Jouis sur mon sein, comme un apaisement avant demain. 

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