Brise


Approchez doucement, mon Amour, ne brusquez pas l’animal tapi dans l’ombre. Je n’ai pas pour vie d’être à la lumière du jour, je n’aime plus les orages qui dévorent, les brûlures trop vives qui restent plaies de chair.

Soyez ma brise après les torrents. Soyez la joie, soyez le jour, et soyez la nuit. Portons nos envies, nourrissons nos désirs comme d’autres chérissent la vie, quand votre corps se dépose dans le mien, soyez ma lueur d’espoir.

J’aime vous retrouver au soir du ciel comme après l’effort, ma maison, mon havre, mon port. Je veux qu’aux draps frais votre corps contre mes reins soit juste bien, que ma peau à votre bouche retrouve les ssssss du frisson, le dessin du ventre et le creux. Je donne foi aux étoiles et je connais la valeur indicible du bonheur ordinaire. Il n’y a pas dans mes vies de petites jouissances, il y a être et rien.

Je crois, mon Amour, je sais avoir chance et conscience à dévorer tant d’émois à nos peaux affamées, à goûter si fort la joie du corps exultant, à apprécier plus que tout nos heures endormies, quand ma peau est parfumée à votre sexe, et mon souffle exhale les derniers murmures des extases partagées. 

Ma déclaration.

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