Cajón

Alors, le rythme dans tes reins, et la femme qui danse devant toi, son cul rond dans sa longue jupe, et la musique que tu connais par coeur, qui te prend au ventre, te colle ce sourire indécent pendant des heures, cette musique que tu écoutes en boucle le soir, casque sur les oreilles, quand la star c’est toi, personne pour entendre ta voix pas toujours juste et rire de tes pas dessinés sur le parquet.

Mais ce soir, elle danse devant toi, sa taille fine et ses seins tendus sous sa blouse d’été. Et tu la regardes. Tu la dévores. Et tu te dandines un peu, ton ventre esquisse les mouvements, tu es impatient, déjà, tu mimes tu vis l’urgence de vos corps conquérants. Il y a cet espace entre vous, la chaleur de l’entre-deux, parfois les tissus se frôlent, parfois tu sens un peu de son parfum mêlé de sueur.

Le cajón donne le rythme de ses hanches, les percussions indécentes de ses fesses contre ton bassin, et ton envie d’enfourcher son corps, jusqu’à ce que sueur dans ton dos, et sel sur sa peau.

Et tu silences, et tu prends sa main, et tu l’entraînes à l’écart, assez loin pour qu’elle crie de joie, assez près pour que musique donne le tempo de vos jouissances.

Elle se frotte à toi, comme s’il fallait exciter plus encore ton sexe. Elle relève sa jupe. Te regarde. Prend ta main. La glisse contre la soie nue, orchidée pourpre. Et ton doigt, ta main, entrent explorent emplissent le corps. Le bois craque lorsque tu t’agenouilles entre ses cuisses. Ta langue boit, tes lèvres pincent, ton nez enivre. Le murmure de plaisir. La danse est indécente, et le corps offert. Une main dans son ventre, l’autre sur ton sexe, tu pétris, tu coulisses, tu pistonnes, tu harponnes son cul, et crache dans ta main, tu branles deux sexes, tu ne contrôles plus rien.

Au loin, les peaux frappées disent l’Afrique, les cordes racontent le Pakistan, les tangos sont argentins. Vos voyages sont infinis.

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