Catalane

Dans cet hôtel luxueux traînent quelques Parisiens en mal de soleil, des sportifs entre deux courses, les anonymes comédiens d’Erika Lust, toi et moi. Ton silence et mes mots, ma bouche qui se soumet quand tu la dévores, mes seins que tu caresses à toute heure, dès que l’envie te prend, litanie incessante de ton désir, de tes doigts qui dessinent des « Maintenant, baise-moi ». Dans le hall de l’hôtel, attendant l’ascenseur, j’ai levé les yeux, tu as mordu ma lèvre comme tu lécheras mon ventre plus tard, affamé, impatient. J’ai rougi quand la porte s’est ouverte, le groom aussi.

La chambre vaste, lumineuse, blanche. Vue sur la ville et ses délires, les couleurs, le bleu partout, l’indescriptible cathédrale. Ici notre folie peut être, c’est même le plus doux de ses berceaux.

Nous avons peu de bagages. Quelques jouets que tu alignes ostensiblement sur la table. Tu aimes par-dessus tout l’idée de faire rougir le garçon d’étage, lorsqu’il nous livrera ce soir les viandes rouges qui apaisent ma faim de louve après la jouissance.

Je visite chaque pièce. Ici, dans cette salle de bain, je te regarderai prendre ta douche. J’aime voler ces heures d’intime, ce moment de toi à toi, ta main savonneuse sur ton corps doré, ton sourire provoquant quand tu me prends sur le fait. La première fois, te souviens-tu ? J’étais prête à partir, tailleur et talons, je rêvassais à ta vue. Tu m’as traînée sous la douche, m’a entièrement déshabillée et m’a donné la première fessée de notre histoire. Il a fallu que je m’agenouille face à ton sexe, bouche gourmande et regard implorant. Mes escarpins étaient morts, mon tailleur tout autant. Depuis, je prends garde à rester nue pour te regarder. Et ce jeu-là me plaît tout autant : si loin si proches, je me caresse sous tes yeux en de savoureuses provocations. Sur ton corps, tes mains sont ma bouche. Dans mon ventre mes doigts miment ton sexe. Cette douche de verre sera parfaite.

La chambre claire, le lit paradis. Ta peau sur le blanc des draps, les nuits partagées, les rêves murmurés. Ici quand le monde dormira, nous baiserons encore, avec la tendresse des corps apaisés. Nous dirons des mots délicats, tu me raconteras l’envie, je profiterai de toi, chevauchée fantastique et bandaison flamboyante.

Pour l’heure, je goûte l’air moite, sur le balcon. Au loin la piscine, les inconnus qui rôtissent. Ce ne sont pas des gens d’ici. Ceux d’ici font la sieste. Le ventilateur crachotant l’air à travers des serviettes humides, le dos collant, les cheveux plaqués sur les temps, ils glanent la fraîcheur où ils peuvent, dans de petites maisons sombres aux volets colorés.

Jupe au vent, je te tends les fesses, invitation lascive à la sieste espagnole. Tu m’enlaces. De loin nous ressemblons sans doute à un couple romantiquement amoureux qui admire le paysage en rêvassant. Collée entre mes fesses, ta queue raide préfère les vallées de ma chair à l’horizon plat de la mer. Tu me proposes un programme alternatif, une visite incivique, une tranche de liberté, le luxe des corps jouissant. Tandis que ton gland cherche entre mes cuisses l’humide profondeur, tu me racontes les bancs d’église, dont la hauteur parfaite te permettra de lécher mon sexe pendant le prêche. Tandis que mes reins se creusent pour te guider, tu me suggères la plage à la nuit tombée, quand la vie au loin couvre le bruit de nos souffles indécents. Ton bras agrippant ma taille, tu veux baiser dans la mer. Au rythme saccadé de tes va-et-vient dans mon ventre, tu reviens ici et maintenant, saillie brutale et instinctive, prémices de ces jouissances à venir, souffle rauque et mots crus. Tu jures, tu mords mon épaule, une main pinçant mon sein, l’autre giflant ma fesse. Au bord de la piscine, un touriste lève la tête vers nous. Je lui souris sagement pendant que tu jouis sur mon cul. J’aime ce pays, dis-je, tandis que ta bouche m’offre un orgasme d’ingénue.

3 Comments

  • Peut être un jour on se trouvera à Barcelone, pour partager, tout simplement, des fleurs, du vin, un bon répas, une belle coversation…

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