Cavalier

Sur le trottoir, un jeu d’échec. Les blancs attendent qu’un volontaire se décide à ouvrir le bal.
Aux heures un peu folles, dans la vie trop pressée, je rentrais chez moi. Sur les marches de l’église, il attendait. Sale. Le cheveu en broussaille, la mine ni triste ni gaie, un peu de crasse, une trace de larmes, un souvenir dessiné.
A ses pieds, un chien, de ceux qui accrochent les sourires, superbe cabot de rue noir jais, l’oeil vif et pourtant sagement installé sur la chemise de son maître, roulée en boule, coussin de fortune.
Souvent, dans d’autres rues, près d’une autre église, je les ai croisés, échangeant quelques coups de fou avec l’un ou l’autre.
Aujourd’hui, l’échiquier était parfaitement dressé, les pièces prêtes, le jeu offert à qui aura le geste.

Je ne sais pas jouer aux échecs, Monsieur. Pardonnez-moi.

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