Confidence

La ville à mes pieds. Les rêves grands. La vie cadeau, les gens beaux, le sucre d’érable. Et le manque. Le sexe vide goûte l’absence. L’espace infini nous éloigne, le temps nous rapproche. Mon ventre se tord de l’envie impatiente.

Un jour, quand tu as compris deux trois choses sur tes erreurs d’embrayage, ton manque de lucidité et ta naïveté, la vie cette pute te file un cadeau. Comme pour se faire pardonner des heures amères et des baisers perdus. Parfois, quand tu as été sage, c’est Saint-Nicolas qui te l’apporte. Je n’ai pas été sage. J’ai erré longtemps, exploré des routes qui n’étaient pas les miennes et cru voir l’amour comme on regarde l’ombre de la caverne. J’ai même parfois oublié leur nom. Je ne vais pas battre ma coulpe, tu sais ? Je me suis souvent couchée dans un lit pas fait.

Alors le temps, la vie, la mort, les petites frayeurs. Un après-midi. Je crois que c’était l’après-midi. Le sexe humide de mots, le ventre plein de manque. L’homme et la vie. Une peau inconnue qui t’apprivoise, la musique sonne soleil, et les reins frissonnent, l’air t’enivre plus que le vin, l’Espagne, les cuivres et l’eau. 

Un jour tu sais. Que ton ventre a trouvé un ventre où s’empaler en hurlant la joie, que ton souffle sera court, souvent, que tu jouiras de ses caresses douces et de ses baisers voraces, tu ouvres le poing et tu embrasses les doigts. Tu donnes le cœur avec le sexe, et tu jouis cent fois. Et ton plaisir grandit encore. Pas la puissance de la sensation, pour sûr tu la connais, tu as trouvé le chemin, lui aussi, la vie belle. Mais la puissance du lien.

Et corps s’offre libre, et les heures égrainent les plaisirs. Crois-tu que l’âme sait, que la peau devine, que le velours ressent les émois magnifiques ? Les sexes qui explorent, le vôtre sans réserve entre dans mon antre, nos ventres sauvages se sont apprivoisés. Plutôt qu’un silence, nous partageons le souffle. Délicat dans ma nuque, audacieux entre mes reins, court parfois, quand nous dansons l’indécence, l’air vous manque et vous bouleverse. Et sexe coulisse entre vos doigts, comme l’émoi prend mon ventre, ils disent la beauté des corps qui s’aiment. C’est indécent ? C’est de l’amour, de la vie, de l’urgence. Tu sais, ce truc qui peut tout.

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