De la soie

Il est entré dans mon ventre, au détour d’un virage surprenant, un matin d’été. 
J’avais une peau de soie, comme après une nuit de soleil, le rose qui affleure, la douceur qui apaise. 
Je le trouvais rassurant et effrayant à la fois, tendresse pornographe et voix érotique. Ses mains éveillaient mes audaces, pétrissaient mes seins blancs, auscultant mon désir. 
Mes hanches mobiles en allégorique infini s’étourdissaient à son flanc, comme une falaise à l’arbre tendu, aspirée par le vide, retenue par miracle. 
Les cuisses moites de mes élans tus s’écartaient dans le partage silencieux du désir trouble. Ses doigts frôlaient mon sexe, humide abysse aux brûlantes oraisons. 
Il n’a pas dit plus de mot, est entré dans l’oasis de mon corps, a bu à mes lèvres le plaisir de l’instant, sel humain de nos vies fantasmées, comme un lendemain d’orage, comme un corps pantelant. 

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