Demain, peut-être.

Un jour vous serez prêt. 
Peut-être demain, peut-être dans six mois, ou peu importe. 
Un jour vous serez prêt à ce que nous nous regardions au fond de l’âme, la cuirasse fendue, les armures tombées, le laid sera passé, ne restera pour nous que cette indicible beauté, l’absolu riche de sens, rare mais intense, le ballet particulier des amants sans doute. Restera cette certitude que vous avez des choses à offrir à la hauteur de ce que j’aime. 
D’ici là, je prendrai le temps, de vous écouter, de vous lire, de vous apprendre. Me régaler de ces instants, ceux de l’inexorable, l’absolu désir que rien ne peut abîmer, puisque rien n’existe. Nous pouvons tout inventer. Le moment, le lieu, le lien. 
Je ne suis qu’un sein, une naissance d’épaule. Vous connaissez mes absences. Les mots qu’on ne dit pas, par trop de pudeur, je vous les offre sur un lit de soie. Prenez ma peau entre vos lèvres, tandis que je vous goûte. Les saveurs intenses ne pâliront pas. Le velouté de la chair, l’arrondi du sein, vos doigts s’en souviendront, toujours. 
Mais ce regard, ce premier regard, celui où vous déshabillerez mon âme, à lire tous ces désirs esquissés, à prendre mesure de nos possibles abandons, ce regard, il sera vous et moi, il sera sincérité dense, il sera percussion de votre chair contre mes cicatrices, et explosion de lumière sous vos soleils imparfaits. Il contiendra, violemment,  le désir, et l’acceptation d’être soi, la main qui caresse vos vies, ma bouche contre vos doutes, le sein déjà sous vos doigts, et les hanches sauvages, les musiques indécentes, il contiendra du blues, un peu, et suffisamment d’inconsciences pour n’avoir peur de rien ni de tout.
Je dirai le silence. Je ne sais pas parler, savez-vous ? Je ne sais qu’écrire, l’audace de mes lettres n’a d’égal que ma timidité. Lorsque l’étoffe tombe, laine ou soie, ma peau parle mieux que moi, épousant les formes indécentes des désirs égarés.
Dans l’envie de se perdre, et celle de vous trouver.


Sincerely yours,


Nora G.

5 Comments

  • Rhaaaa, la magie de ces regards qui déshabillent: tout un programme, n'est- ce pas, madame.

  • Parce que distillés sur un mode aussi sensible § acéré, sulfureux § raffiné, les mots revêtent un incomparable pouvoir d&#39;évocation, transcendant le registre du fantasme éthéré pour se faire insolents hérauts de l&#39;incarné* ! <br />* Sein altier ou épaule dénudée, un impressionnisme charnel déjà gorgé d&#39;exquises promesses (&quot;sourire de gentil esthète&quot;) ! <br /><br />a presto,

  • @Comme une Image<br />Oh oui… ! <br /><br />@Bleue <br />Un regard, une vie, ma chère.<br /><br />@Vertiginoso<br />Vous…, Vous alors ! (&quot;Espiègle regard&quot;)

  • Chère Nora c&#39;est un Plaisir de flatter ainsi votre Espièglerie (qui j&#39;en suis sûr flirte bien plus avec l&#39;incandescent qu&#39;avec le gnangnan) ! Délice de la théâtralité (&quot;Sourire über innocent&quot;) <br /><br />a presto, Antoine

Laisser un commentaire