Dimanche

Ce dimanche manque de désir, de cette moiteur tendre des peaux affamées, des ventres doux, des émois dorés. Il manque de chair, il manque de peau. Le lit trop froid a oublié les jouissances partagées, depuis tout ce temps.

Dans l’absolue liberté de la solitude, laisser le corps exulter sauvagement.

Le drapé de dentelle sur mes hanches laisse mes fesses à moitié nues, le tissu entre mes cuisses joue avec ma chair. Il y a le silence des jours oubliés, les vies qui se perdent dans l’ennui, il y a des jeux tendres, des peaux moites et délaissées. Ma main choisit seule le chemin du ventre, la raison se tait, c’est croiser la peau, c’est quelques minutes, quelques secondes être ailleurs, contre vous, les seins plaqués à votre peau, mes doigts sont les vôtres, aventureuses voluptés solitaires, prescience de pâmoison.

Et tandis que mon dos se cambre, que mes seins se tendent, tandis que mon sexe se fait moite, mes yeux se ferment, il y a cette certitude un jour, ailleurs, autrement, dans le lit blanc d’une chambre d’hôtel, sous un pont, dans un train, il y aura votre main sur mon sein, ma bouche sur votre sexe, et vos reins électriques, et votre désir à savourer, votre désir flamboyant, humide, aux saveurs acidulées des ventres généreux.

Il y a cet instant où le bassin gagne la danse, la main plus loin, plus fort, indécente, conquérante, cherchant à attraper ce qui ne réside nulle part et partout, au fond, dedans, couchée et debout, la transe et la pulsation, fugace plaisir des solitudes partagées.

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