Ecrire.


Je m’assieds, j’ouvre une page. Je n’ai pas d’envie particulière, et pourtant le corps est en alerte… Car les mots et le froid ont sur moi le même effet : ma peau devient hypersensible, mes seins presque douloureux, entre plaisir et picotement. Les doigts quelques peu engourdis par la neige fondante, j’ai besoin de réconfort. Les mots m’offrent toujours cela. C’est mon luxe. Réinventer au creux du soir les silences et les émois, les fragilités désireuses, le frisson. Repenser sa peau contre la mienne, trouver le mot juste pour dire : je te désire. Ecouter une voix, lire trois mots, penser : je te veux plus près de moi. Recevoir un mot doux, un sourire, une caresse : embrase-moi.

Les mots comme une éternelle déclaration de vie. Comme une échappatoire ou une re-création. Viens ce soir, viens demain, viens chaque fois que nous en avons envie, juste inventer l’ailleurs ou faire le mur du réel, le verbe passe-muraille, la lettre. O. Surtout O. O, c’est dans abandOn, dans émOtion, dans amOur. O, c’est On, l’inconnu, l’indéfini, le sans limite. Peut-être tOi qui m’écrit, ou tOi que je regarde. Peut-être toi que je gOûte, que je savOure, que je tOuche…

La fatigue, le verbe dOux. L’envie de rêver soudain. Abandonner les mOts. Me nourrir d’une vOix, d’une image, penser la main qui caresse ma peau, épidermiques madeleines, le corps qui s’échauffe, ta bouche dans mon cOu, et courber la nuque, tes cuisses contre les miennes, entrOuvrir les lèvres, ton sexe contre mes fesses, mes doigts retrouvent ta route, inventent un autre mOnde, la mOiteur jouissive, perdre le fil de l’histoire, voyager dans mon cOrps, t’emmener sans que tu le saches à la frontière de l’imparfaite et sOlitaire jOuissance.

3 Comments

  • C'est encore M. Poireau qui a fait un lien vers votre blog. Je vois que vous avez les pieds dans l'O.

  • @ Bernard : Ce petit goût de trop peu… mmmm<br /><br />@mtislav : Ce Poireau, tout de même… Mais il met aussi des liens qui m&#39;emmènent chez vous, quelle Odace.

Laisser un commentaire