Elle disait baiser pour aimer.


Ce soir, j’ai envie que tu me baises.

Pas comme toutes les autres fois, quand on jouait aux niais, délicats et timides, la chair austère et les mots feutrés.
Pas comme cette fois où, à demi saoul, tu as labouré mon corps en oubliant jusqu’à mon nom, pour finir mollement, t’énervant sur ton sexe et son désaveu.
Pas comme ces soirs factices, où nous avons jouer le désir pour entretenir une flamme déjà morte, petites braises moribondes des amours ordinaires.
Pas non plus en inventant ces personnages dérisoires qui nous protègent de ce que nous sommes, s’inventer une âme courtisane, fausse assurance pour cacher l’émoi indicible.
Pas non plus déguisés de ce qui se fait, parures noires et déchainées, ou vaporeuses inappropriées.

Non, rien de tout ça.


Ce soir,
je suis là, ma chair, mes seins et mes cheveux dans les yeux, l’odeur de mon corps et ses fragilités.
tu es là, ta peau affamée, ton sexe doux, ton cou émouvant.

Il n’y a plus de place pour le cerveau, les doutes, les pensées, les freins, les peurs, les angoisses, les aspirations passées ou futures, les échecs ruminés et les impossibles bancals. 
Juste être là et sentir, et ressentir encore, à l’instinct, dans l’instant présent.

Je veux que tes mains étrillent mes seins. 
Je veux que tes dents mangent ma peau. 
Je veux te voir bander comme un matin d’été.
Je veux sentir ton odeur, ta sueur.
Je veux que tu me respires à t’en étouffer, que tes râles résonnent contre les murs vides.
Je veux que tu prennes possession de chaque aspérité de mon corps.
Je veux te chevaucher, je veux me soumettre.
Je veux être sauvage, et impudique. 
Je veux te regarder jouir.



Ce soir , il y a toi, et il y a moi.
Et je veux que tu me baises.

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