En mer

Ca tangue. Par le hublot, je vois le gris, le bleu. Entre mes cuisses, l’hôtesse du restaurant offre à ma chair un délice de dessert. Son nez s’enivre des effluves de mandarine, sa langue grappille les sensations : l’abricot de ma peau, le satin de mon sexe. Espiègle, elle glisse sa bouche dans ma toison, et s’invente une moustache, je ris.

J’ai embarqué depuis trois jours pour Grande Terre, le cul du monde, au large de l’antarctique. Avec ses 45 habitants, on peut presque parler de désert de glace. Le bateau qui m’emmène est, en proportion, étonnamment peuplé. Sur place, la vie sera rude, solitaire et blanche.

C’est l’heure de la dernière fantaisie. Comme le veut la tradition, la dernière soirée avant de toucher terre est une soirée de luxure , un buffet des plaisirs partagés. Chacun honore son entrée dans le silence par les plus douces caresses, et une petite sauterie dans la grande salle. 22 hommes, 2 femmes. Parmi l’équipage, la demoiselle restaurant et son sourire lumineux a accroché mon désir. La griffe légère de son ongle délicat sur la pointe de mon sein y est pour beaucoup. Autour de nous, ça s’embrasse, se masse, se branle généreusement. Le spectacle est magnifiquement rouge, et elle a du talent. Au loin, le capitaine, dans la même posture que moi, m’envoie un clin d’œil complice. La nuit sera soleil.

 

 

Exercice du matin. Les consignes étaient : le bateau et le capitaine.

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