Enfin

Vous êtes là, debout, vous souriez. Enfin.

Je vous ai regardé, comme on s’attarde sur la beauté du monde. Avec l’émerveillement et l’envie qui augurent des plus beaux voyages. Ma main sur votre joue, souvenez-vous. Je vous embrasse, à la commissure des lèvres, car il ne faut pas vous brusquer. L’attente a été si longue, et le désir exalté.

Mais la faim vous porte, et déjà vos doigts glissent sous mon chemisier, cherchant mon sein sous la dentelle. Et votre paume étreint, et vos bras m’enserrent comme si je pouvais disparaître encore. Je ne bouge pas, Darling. Pas avant d’avoir goûté à votre ventre, d’avoir joui à vos assauts enflammés, pas avant de vous avoir dit la joie et le désir. Enfin, vous êtes là. Enfin, mon corps pourra se nourrir de vous, mes seins s’écraser contre votre torse, ma bouche vous dévorer sans vergogne.

Pour l’heure, votre sourire se fait carnassier, et votre sexe se tend contre mon ventre, il y a longtemps, si longtemps… Ma cuisse sur votre hanche, les tissus importent peu, les corps se cherchent, se trouvent, s’impatientent. Quand vous vous agenouillez entre mes cuisses écartées, je frissonne déjà. A votre doigt qui écarte la soie, mes reins sont presque douloureux. A votre souffle sur mon sexe, à votre langue ensuite, je jure de vous rendre mille fois la pareille.

Après viendront les mots. Plus tard. Quand nous aurons goûté à chaque parcelle de peau, confronté le souvenir et le présent, exploré le plaisir jusqu’à ses plus ardentes sensations. Ma main sur votre sexe. Vous me donnez le rythme, un tempo léger, je vous rends vos baisers. Votre main me retient. Pas encore, pas déjà. A ma bouche vous buvez le sel de votre émoi.

L’urgence s’apaise, Darling, et tendrement, vous m’emmenez vers la salle de bain. A corps nus, dans la tièdeur du jour, nous retrouvons le grain de peau, la joie légère, les courbes pleines et les fragilités humaines. C’est ainsi que je vous préfère, en dehors de tout temps et de toute pudeur, l’intimité la plus sincère.

A votre membre dressé, je sais combien vous aimez retrouver mes seins dans vos mains, ma taille entre vos bras, et mes fesses contre votre bassin. Votre voix grave me raconte vos déraisons, les heures à jouir seul pendant cette trop longue absence, le souvenir de mon ventre et mon parfum sur vos doigts.

Quand vous entrez dans mon sexe, je savoure cette possession tendre, la sensation intense d’être prise et consentante, pleine de vous, dans une danse de volupté, brumes de bain et peaux nacrées. Le frisson me parcourt des reins à l’échine, sous la morsure de votre menton dans mon cou. Je sais à votre respiration, aux pulsations de votre sexe dans le mien, la force de la jouissance, l’abandon presque animal au plaisir qui dévore. Longtemps, je reste blottie entre vos bras, cherchant le souffle après l’émoi, rougissante de cette explosion de joie.

Etendus sur le lit. La lumière chatouille votre main sur mon sein. Le silence. J’entends les voitures dehors. Les bruits de draps lorsque vous vous rapprochez de moi. Votre souffle près de mon cou. Vous respirez tout doucement, pour ne pas déranger le temps. Votre paume caresse doucement ma peau fraîche. Continuez, je vous en prie. Je n’en ai pas encore assez de vous, Darling.

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