Enfin…

Je t’ai arraché tes vêtements, sans te demander ton avis. Marre d’être polie ou attentive. Aujourd’hui c’est mon tour, le jour de mon plaisir, l’heure de mes frissons. L’hiver est rude, la neige a blanchi toutes les rues, pas question de prendre froid : je veux avoir bon, je veux avoir chaud, je t’entraîne sous l’eau. Sous les gouttes tu glisses, et tu te noies de mes lèvres, cherches l’air, passe la main dans tes cheveux. Plus rien à faire de l’allure. C’est ta peau contre la mienne, tes lèvres dans mon cou, tes doigts dans mon sexe.
Pas le temps d’attendre non plus, en mode maintenant ou jamais , j’ose toutes les audaces, te mange des yeux et de la bouche, te déguste du bout des lèvres, te grignote du bout des dents. Aujourd’hui tu es objet , étrange statut de l’homme libre, tu te donnes en prêt, n’appartenant qu’à tes sens en éveil, pensées au bout du sexe, cerveau descendu.
Dans la mousse douce des artifices savonneux, ton corps s’épaissit : nu, tu as l’air moins fragile. L’œil sombre mais souriant, tu me regarde par en-dessous, et je ne rougis même pas, ondulant sous ta langue muette mais généreuse, habile non plus de mots mais de désir. Je te mords et te dévore, sucrerie plaisir, bonbon de vie inattendu, fruité comme une promenade un vendredi. Je n’ai plus qu’un souhait, être le corps au bout de ton sexe, être le sein au bout de ta main, être la bouche au bout de ton cou. Les choses sérieuses peuvent commencer, entre quatre yeux.
Les peaux qui claquent, humides, glissantes, au rythme des saccades de ton sexe qui cherche le mien. Je m’empale, tu t’emballes, je ne tais rien de ces ondes fugaces qui me traversent, je veux plus, plus loin, plus fort, je veux te sentir jusque dans mon ventre, et frémir entre douleur et plaisir de te voir pantin articulé. Je veux que sur ton sexe il ne reste que mon odeur, et que l’appétit d’un jour s’assume insatiable quelques heures encore, hors monde. Je te veux ce matin, et je te voudrai ce soir. Je te veux dans ma bouche comme dans mon ventre, je te veux timide et je te veux déluré, je te veux à la tendresse d’un doigt agile comme à la brutale pénétration, provoquant une guerre sans fin entre nos désirs et nos failles. Je te veux anonyme, et je te veux debout, là, maintenant. Tout de suite. Encore.

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