Etreintes


Il n’y a pas de frontière, mais nous percutons nos vies.

Il n’y a pas de vêtement, et ma peau contre votre peau. Pas dans vos yeux, à côté. Pas dans votre sexe, autour.

Autour avec mes doigts, avec ma bouche et mes lèvres. Autour à vous regarder effrontément, autour à vous caresser impunément.

Autour à vous goûter, ma langue à votre sel, mes doigts à votre vie, mes cheveux à vos ongles.

Je ne suis pas vous, même quand vous êtes en moi. Je ne vous appartiens pas, même si vous avez ravi mes émois. Et pourtant je fais ce voyage vers vous, à mi-chemin de nos mots, dans le territoire engagé de nos nudités partagées. Et quel territoire ! Vos ruissellements nomades, mes vallées immobiles se mesurent et se cherchent sous les voiles légères.

Aux balades insolites, à la curiosité facile, je préfère la délicate découverte de vos frissons érectiles. Tenez ma main un instant, guidez ma bouche à votre ventre, et mon cœur à vos vies. Papillons posés, nous pourrions nous égarer, pauvres chenilles inabouties, immatures rencontres, éphémères jouissances déparées de nous.

Sans doute je m’égare, en embrassant votre épaule. Sans doute l’indécence est-elle franchie lorsque vous glissez votre main sous ma blouse, quand vos doigts joueurs pincent le mamelon, et que votre bassin se frotte contre mon ventre humide. Sans doute le chemin que vous explorez et mes gémissements de plaisir vous parleront de moi mieux que mes mots. Sans doute l’orgasme et la joie seront grandis par cette connivence indicible. Je n’ai aucune certitude, aucune promesse, aucune réponse, si ce n’est mon nez dans votre cou, et ce désir doux de prolonger l’étreinte.

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