Goldberg Variations


Les petits pas timides sont oubliés, il reste la grâce. Les genoux cagneux, et les hanches plates, elle a parlé comme on danse, raconté de la pointe du talon les émois de ses vies. Dire du bout des yeux, raconté oui mais pas tout. Contrôler le corps, ne pas aller trop loin, glisser un sourire entre deux regards, un rond de jambes et

trébucher un peu, quand cette voix grave résonne dans son cou

et les caresses de mots, les possibles évasions, les échos au rythme de ses reins, cambre, cambre donc jeune dame au creux de ma main, et il guide le bassin, l’entre-cuisse qui s’enroule autour de ses fesses

et soudain le voile qui vole, l’harmonie des soupirs, une échappée entre deux silences, comme frapper les cordes, il y a le râle et le sourire, son ventre humide qui accueille, tandis que le visage et la longue jupe gardent la dignité des élans corrompus de sagesse… Parce que peut-être la délicatesse d’un verbe doux, et puis apprivoiser la peau, comme découvrir le grain sous la laine, et souffler sur le sein pour voir l’électrique, et embrasser d’une bouche tiède et charnue, comme tatouer du désir sur la chair entrevue, mais

avec délicatesse,
avec la fièvre en laisse,
avec juste ce qu’il faut d’audace pour atteindre la femme sous la carapace,
échauffer l’envie, comme une promesse.

Et rester là, suspendue, les fesses au mur, les pieds emmêlés, hors du monde, dans les murmures du désir, il reste quelque étoffe entre nous. 

Thème musical sur les conseils d’un lecteur bien avisé : Bach, Goldberg Variations 988 : I. Aria, par Glenn Gould
A écouter ici : http://www.deezer.com/en/track/16610355

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