Hélène


Donc, récemment, je lis dans la blogosphère une explication économiste très accessible mais –pardonnez-moi cet avis tranché, Sir – anti-sexe, un démontage de face en bonne et due forme, merveilleusement argumenté, mais d’un niveau de sérieux à faire péter la braguette des étudiants en droit pré-pubères. Vous pouvez lire ici cette version à la sauce Chaos_Be, ma seule et unique référence en matière de macroéconomie. C’est très bien écrit, et je ne compte pas rivaliser avec sa plume acérée mais juste, d’autant qu’en la matière, je n’ai pas grand-chose à dire. Donc je vais vous raconter les choses à ma façon.
________________________________________

C’est plus fort que moi, quand on me parle économie, je mouille ma culotte. Si, c’est vrai. J’avais déjà écrit un entrefilet, un articulet, sur le sujet, il y a quelques semaines, mais en me limitant au strict nécessaire : désir, érection, éjaculation, mouchoir, au revoir. Mais c’est un peu court, n’est –ce pas, alors que, vous en conviendrez, ce qui fait tourner le monde, c’est le sexe l’économie.



Un jour, j’ai rencontré un homme. Un jour, enfin, on s’en fout, tu vois. Ca a peut-être pris un soir, six mois, deux minutes, mais nous nous sommes retrouvés nus pieds, et nus tout court. Et il y a des rencontres qui sont plus exigeante que d’autres. Avec l’un, tu te contenteras de ronronner sagement dans le divan, finissant ta soirée en missionnaire sympathique mais sans ardeur, le samedi uniquement, et seulement les semaines impaires des mois à trente jours. Bref, tu ne prends pas de gros risque, tu ne te mets pas en danger, tu baises pépère, tu joues petit, tu gagnes petit. Tu me vois venir, avec mes gros lolos ? Tu as raison !

J’avais du mal à jouir, je me sentais fragile, un peu branlante, comme l’économie tiens : tout en courbes, mais un peu instable… Et, pour tout vous dire, des aspirations à la jouissance un peu plus élevées : moi j’aime quand ça frémit, quand il y a des montées de désir, quand on attend avec une impatience à peine voilée l’ouverture de la braguette, quand le sexe croît sous mes yeux, quand les bourses flambent, quand les retombées sont palpables et enivrantes,… Bref, j’aime me faire baiser.

Vu que mon plaisir est assez gourmand, mon amant est obligé de déployer des trésors d’ingéniosité pour me satisfaire, de se doper ou de dormir tout le jour, afin que mes nuits ressemblent mes rêves : un flot continu de désir et de sexes jouissants . Au début, c’était facile : sa langue aux talents multiples, régalaient mes oreilles de ses mots rassurants, et mon sexe d’orgasmes légers et conséquents. Mais hélas, après un délai que je ne qualifierai pas, par égard pour sa virilité, permettez, nous avons épuisé son potentiel. Il m’a proposé alors d’élargir nos horizons, de délaisser mes œillères et mes principes de gentille fille amoureuse, et d’associer à nos ébats, un de ses potes, un aspirant père de famille sain et fiable, un peu limité mais au sexe énorme, qui pourrait sans doute encanailler nos nuits, soutenir sa vigueur érectile, et m’honorer brillamment sous les yeux de mon amant. J’ai accepté, en me disant que cela ne serait sans doute pas avant longtemps, en espérant secrètement n’en avoir jamais besoin…

Pourtant, l’idée ne manquait pas de piquant : la possible présence du con de service rendait vigueur à mon amant banquier, qui du coup se démenait d’autant plus pour satisfaire mon appétit, et maintenir mon niveau de satisfaction sexuelle à un niveau correct. Hélas (ce n’est que le deuxième, il y en aura trois, comme ça vous savez), ma gourmandise, légendaire j’insiste, et revoyez la définition de légendaire pour ceux qui auraient des doutes –bon j’arrête avec les digressions, vous n’allez plus rien comprendre. Bref, j’étais épuisée par ces nuits de luxure, de pâmoison, le corps labouré par la bandaison de mon banquier. Bizarrement, il préférait apaiser son érection dans ses mains. Une fois par mois, je me livrais au strip-tease le plus complet, et il jouissait bruyamment sur mes vêtements. J’allais même jusqu’à lui abandonner mes culottes de soie pour qu’il puisse s’y soulager… Le jour où je lui ai laissé ma chemise plutôt que ma dentelle, les ennuis ont commencés.

N’ayant plus de lingerie sexy à laisser à mon amant, sa vigueur s’en est ressentie… Il était temps, malgré tous mes efforts et les siens, de faire appel au con de service, l’assureur. On l’avait bien dorloté, tout ce temps tu sais, pour qu’il puisse, si nécessaire, le moment venu, arriver avec un pic sous le tissu, prêt à satisfaire de son vit mes envies. Un soir donc, nous avons invité le con de service. Nous attendions une bosse sous le pantalon au moins, un pic de croissance au mieux, tu sais, de ces envolées de courbes qui te donne l’espoir. Aujourd’hui, je peux vous le dire… Sa réputation était surfaite, c’est clair. Pas le moindre petit redressement n’était à espérer d’un pareil individu. Au mieux, nous aurions droit à l’inflation. Il n’en avait pas dans le pantalon, totalement dégonflé, incapable de satisfaire à la demande. Pire encore, à défaut d’honorer ce foutu contrat mal ficelé qui nous liait (en black, bien sûr, mais c’est une autre histoire), et arguant que s’il se vidait les couilles chez nous, ça nuirait à leur couple et à leurs projets de reproduction, il nous a envoyé sa femme. Pardon, je résume, un peu vulgairement, mais c’est pour faire simple.

Et là où nous avions prévu de quoi nous assurer une vie sexuelle qui à défaut d’être bandante jusqu’à la pension, nous laisserait au moins de quoi baisouiller agréablement, une solution de rechange, une petite sécurité excitante, et bien, il nous a fallu faire avec les moyens du bord : la femme de l’assureur. Et elle, l’américaine, ne manquait pas de ressources. Hélas, elle n’était guère attirée par moi, et je le déplore : j’ai tout de même une réputation de femme du sud, brûlante, enthousiaste, certains me pensent même adepte de la sodomie. Je confesse qu’il m’est parfois arrivé de vivre au-dessus de mes moyens, comme mes co-pines d’ailleurs… Aucune d’entre nous ne se satisfait tout à fait de ce qu’elle a à la maison… 
Et donc quand l’assureuse a voulu goûter à mon amant banquier plutôt qu’à moi, je me suis dit que la situation était périlleuse mais pas si dangereuse que cela. Elle a bandé les yeux de mon homme, lui qui adore vivre dangereusement était comblé…

Quand elle a enfilé un gant de caoutchouc enduit de vaseline, j’ai vaguement murmuré que cela risquait de lui faire mal, voire même de le déstabiliser fortement. Je le connais bien, mon homme…

Quand elle a empoigné ses couilles d’une main, en enfoncé deux doigts entre ses fesses, je l’ai entendu gémir et résister faiblement, et j’ai détourné la tête.

Quand l’assureuse a enfoncé d’un coup d’un seul son poing dans le cul de mon banquier d’amant, j’ai su que, quoi qu’il arrive, ce serait désormais le règne du Chaos.
_______________________________________

La conclusion ? Il n’y a pas de conclusion. Parce que la seule qui me vient, c’est « On s’est fait baiser en beauté. » Et même dit comme ça, c’est moche.

4 Comments

  • Moralité, se faire baiser d'accord mais en douceur sinon on risque le retour d'actif pourri en pleine figure et recevoir sa petite giclée de foutre méchamment déprécié!
    Parles nous encore d’amour chez la haute Nora, j’adore 🙂

  • Je dis: défit relevé haut la main. Si Chaos Theory reste maître incontesté de la version economico-financière, vous êtes,quand a vous, la reine de toute prose erotique

  • @Thierry Chéri, c’est tout sauf de l’amour, j’en ai peur…
    @Camo :La reine est un bien grand mot… Mais j’accepte le compliment avec fierté et d’autant plus de plaisir que l’exercice était ardu !

Laisser un commentaire