Impudeur


Approche et ouvre grand les yeux. Viens voir de près. Plus près encore. Sois sage.

Tu vois, ce renflement de mes lèvres ? C’est le désir qui gonfle ma peau, me déborde et me submerge. Parfois ma vie se résume à ce désir. En cet instant précis, je n’ai qu’une envie : qu’il enfonce son sexe profondément dans le mien, que son gland écarte ma chair centimètre par centimètre, comme une défloration quotidienne, une découverte mille fois rééditée.

Regarde la forme de son sexe, il ressemble étonnamment au tien. Cette veine apparente, la couronne sensible, le frein marqué. Cette petite zone presque violette sera la première à entrer en contact avec la pulpe de mon ventre. Regarde comme elle s’humecte, et comme du bout du doigt j’étale cette larme pour que sa verge puisse glisser en moi. Il me devient difficile de te raconter, tu sais, car mon corps s’égare dans ses caresses savantes, j’ai l’âme qui s’envole et les fesses qui s’écartent, je respire bruyamment, la langue qui m’irrigue m’emmène vers une jouissance que je voudrais retarder.

Vois-tu cette érection superbe ? Ce gland mordoré, aguicheur, excitant le voile charnu ? A l’instant où il passera l’hymen, où il glissera en moi dans une possession rude, je veux que tu regardes entre mes cuisses, la façon dont ces chairs se mélangent, mon humidité qui brille sur sa peau, la bouche qui avale et la chair qui caresse. Je veux que ton sexe envie le sien, et que cette image hante tes heures de rêverie, que tes émotions matinales en sortent grandies, que tes orgasmes à venir soient teintés de cette envie d’envahir et d’aliéner… Quand tu regarderas mon visage désormais, tu verras toujours ce sexe dans le mien, obsession lancinante, dérive imaginaire…

Il entre dans mon corps.

Jouis.

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