Incivique

Comme un verbe qui s’étire dans le silence, les lettres du désir enserrent ta main. Ouverture à peu près ronde d’un terrain désinvolte. Ton sexe est un regret dans mes vies passagères. J’ai posé là ma décence, offrant mes fesses girondes aux appétits de ta bouche. Je m’éloigne de ta langue et déguste les mots chuchotés à mon oreille. Je n’ai besoin de nul autre : tu es là, droit, plein, généreux, et tu m’habites sous la peau, ma chair à ton sillon, mes lèvres sous tes couleurs, lumineuses, souriantes, ouvertures solaires aux ailleurs infinis. Tu explores mon corps comme une terre à conquérir. Que n’as-tu vu déjà d’îles conquises à la loi de ton plaisir … Ton doigt vagabond s’aventure dans mon ventre, frissons insolents et humides au vent de l’éternel voyage. J’ai la géographie variable des corps en émoi, la jouissance indécente des âmes affamées, la rébellion soumise au va-et-viens de ton sexe dans le mien. Un cri.

Laisser un commentaire