Intermezzo


Comme des ballets oubliés, comme le souvenir de demain, il y a dans les caresses une promesse au corps, la promesse d’un plaisir sans égal, le contact de la peau frissonnante, et sous vos doigts mes seins réagissent legatissimo

A nos ventres plaqués l’un à l’autre, l’aspiration de plus, de votre bouche qui trouve le chemin de mon émoi, entre la nuque et la clavicule, entre le sein et les côtes, entre la cuisse et la fesse, et cet espoir que votre sexe s’emboîte parfaitement, que sa courbe épouse la mienne, que son rythme enflamme mon adagio, que nos peaux jusqu’à la sueur partagent l’ultime intimité, la liberté folle de se livrer sans pudeur, retrouvant l’instinct non policé, la rage ou l’envie d’absolu, oui c’est cela : l’absolu. Être quelques instants terriblement moi et pourtant toute à vous.

Dans cette danse archaïque, accrocher votre chair à pleines mains, jouer col legno, vous tendre les arrondis de mes reins comme autant de jouissances, vous confier mon désir, et de votre bouche, de vos doigts, de vos mots, de votre sexe me repaître, apaiser l’urgence et da capo, reprendre depuis le début cet émouvant voyage. 

Vous regarder frémir, guetter sur votre visage l’émotion qui se prolonge, et l’instant où ma bouche, où mon ventre, où mes mains, vous emmènent vers le cri, vers la note con fuoco, l’ultime, comme un adieu.

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