Intime

Accroupie, je te regarde. Inconfort des cuisses. Mes doigts cliquottent contre ma clavicule. Plouic, plouic. Bruit léger, écho de pluie, lumineuse farandole, eau. Je voudrais de l’eau. 

Ma bouche trop sèche de tout ce sel avalé. Le sel de ta peau, et celui que ton sexe a déposé au fond de ma gorge. De l’eau. 


Tu es couché par terre. Le sommeil te guette, tu résistes un peu, pour faire bonne figure. Ton sourire apaisé dit la satisfaction, cet instant suspendu d’après la jouissance. Ton sexe humide encore s’abandonne, tandis que ta main cherche mon sein, ultime caresse.


Ensuite tu dormiras, je te veillerai, ta main contre mes côtes, mes yeux qui cherchent les étoiles. Emboîtés mélangés, il y aura ces petits sursauts de mots, avant le repos. Je me lèverai doucement, eau. Je resterai dans le noir, c’est ainsi que j’aime la nuit. Dehors, quelques rares voitures. Mes seins contre la vitre glacée par l’hiver. 

Peut-être de loin, un piéton me regardera buvant à grandes gorgées, nue comme un ver, indécente pâleur. Peut-être. 

J’attendrai le lever du jour, frissonnante, érectile, et je te rejoindrai dans le lit, plaquant mes arrondis contre tes angles, et troquant mes rêves contre l’oubli, guettant l’instant sourire, où ton sexe se redresse entre mes fesses.

1 Comment

  • Ode au désir carnassier, toujours prompt à se régénérer par-delà l’apothéose, dans un crescendo syncopé !
    Ou quand l’Alcôve se fait antre de moiteur en plein coeur de l’Hiver, comme un cocon über privilégié…
    a presto, Antoine

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