Iris


Tu arriveras dans ce costume trois pièces qui me plaisait tant autrefois.

Tu sortiras de ta poche une montre à gousset, d’apparence banale, mais dont la gravure intérieure m’est si précieuse, ces deux mots qui guident, encore aujourd’hui, chacun de mes choix.…

Je te regarderai te déshabiller, l’arrogance de ton sourire, le doute aussi, le torse volontaire et le reliquat de pudeur. Je mangerai des yeux la peau de ton ventre, l’arrondi de tes fesses. Je jaugerai ton sexe, sans vergogne, regard indécent, exigeant et tendre à la fois. Comme la lèvre l’embrasserait, comme la main s’en saisirait, comme une brûlure humide qui le chevaucherait.

De la soie qui me pare, tu n’ôteras rien. Tu voudras relever sur mes reins les étoffes précieuses, écarter d’un doigt volontaire les apparats de convention, mais non. Le tissu s’imbibera des humeurs acidulées, le bleu deviendra noir, les seins se tendront au frôlement du voile.

Percussion déjà, tu te dresseras sexe ému, ton gland glissant révélant ton parfum, ventre salé aux faims en déraison.

Droite, au centre de la pièce, je te regarderai. La façon dont ta main caresse ta cuisse puis ton sexe. Comment ta paume se replie autour de lui, où tes doigts appuient, et comment ton ventre réagit. J’observerai l’humidité sous la peau, la chair rosée devenue mauve, la lubricité de tes yeux, les tremblements de tes jambes. Quand tu saisiras ce sexe dans un mouvement redevenu instinctif, maîtrisé à chaque seconde pour t’amener à la jouissance vite, fort, beau, quand ta main s’agitera, et que ton genou fléchira un peu, quand tes doigts s’égareront plus loin entre tes cuisses, quand tu saisiras ce membre à pleines mains, avec rudesse, avec la rage d’en jouir déjà, et l’envie d’attendre, mais pourtant, déjà, la mousse blanche et les sursauts, les palpitations entre tes doigts, le plaisir qui déchire le silence, ton souffle à perte de soi.

Et je repartirai, sans dire un mot, sans cet « A bientôt » qui mentirait si mal.


Ad libitum…

1 Comment

  • j'aime quand vous vous racontez en mode fantasme, ma chère amie…

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