Je veux

J’avais envie de vous dire mon appétit.

Je suis toujours mon envie. En ce moment, le désir de vous m’accapare pleinement, et je m’en régale. Cela ne veut pas dire qu’il en sera toujours ainsi, et vous devez l’accepter. Il peut m’arriver d’avoir envie de jouir, simplement. Le plus souvent, je préfère jouir seule et bien, que mal avec un homme qui ne connaît pas mes goûts, ou ne prête pas attention à mes envies, ou me laisse sur ma faim, ou encore, n’a pas une érection qui ne me laisse aucun doute sur son désir. Bref, je pense que vous comprendrez combien votre appétit si souvent et clairement évoqué répond à une vraie aspiration de ma part.

J’ai rêvé souvent d’être réveillée en caresse – désir jamais réalisé pour autant. Que l’on m’attire vers le monde de l’éveil d’un baiser sur mon sexe, ou d’une caresse audacieuse. Que la première perception du matin soit celle du désir et du plaisir… Promener mes doigts sur votre sexe alors que votre conscience sommeille… Commencer la journée en titillant votre verge, ou en la tenant fermement. Vous chevaucher pendant votre repos, alors que le matin gonfle votre queue, et que le désir détrempe mes lèvres… Glisser sur vous, en délicatesse, presque à votre insu, mais avec votre accord … Quoique.

Je voudrais qu’en me nourrissant à vous, je vous nourrisse de moi. Que nos peaux se parlent aussi bien que nos bouches, que vous me disiez, que vous me guidiez, que je vous partage l’intimité de mon plaisir, que mon sexe jouisse de vous, peau, bouche, doigt, sexe, et tout ce qu’il vous prendra la fantaisie de me proposer.

J’aime être prise, je pense même prendre un certain plaisir à retrouver l’instinct, la rudesse parfois, la sauvagerie. Et à d’autres moments l’extrême délicatesse. Je suis paradoxe, je veux vous rêver et je vous veux réel, je veux être autant la source que la mer, je veux dire « je veux » comme je ne l’ai jamais fait, et vous guider vers les plaisirs de mon corps, et dans le même temps apprendre de vous, de vos mots, ou de vos mains de votre corps ou de votre langue, votre façon d’être et de faire… Je veux l’échange. Je veux la découverte et le partage. Je veux l’intimité.

Je veux que de plus en plus la réalité de ma peau s’approche de vous, que votre désir sans corps et sans visage s’affine, se précise, qu’au moment de croiser nos regards, vous me reconnaissiez. Je veux être le sourire que vous chercherez dans la foule, je veux que vous sachiez reconnaître dans mes yeux les signes du désir, qu’en regardant à travers le clair de mon iris vous sachiez vers quelles dérives vous embarquez. Je ne le sais pas vraiment moi-même pourtant. Mais c’est au moins là que je vous veux, dans mes yeux d’abord, dans mon corps ensuite, vrai, sans crainte et sans retenue.

Je voudrais vous entendre me dire de votre voix grave ce que vous feriez de mes seins, comment votre bouche les embrasera, comment vous apaiserez l’incendie de mes sens désormais bien réveillés… J’aime vous dire mes envies, et savoir qu’elles vous tiennent à coeur. Oui, lisez en moi… Au-delà de la raison.

Vous me suivrez là où m’emmène le désir… Vous répondrez aux appels de mon ventre, aux cris de joie de mon corps… Je dois oser mettre les mots sur mes attentes et mes désirs, c’est le défi que votre liberté m’offre, et je veux le relever. Je veux pouvoir dire ce qui me plaît et me fait envie. Je veux que mes mots soient clairs pour vous, que vous puissiez rencontrer mes désirs parce que je les aurai exprimés…

J’aime le sexe heureux, épanoui, joyeux, je ris beaucoup, je joue. J’ai envie de ces moments de découverte simple, ces moments de douceur choisie, ou de rudesse volontaire.

J’aime être fouillée par le sexe d’homme.
J’aime déguster de la pointe de langue l’entre-fesses, éveiller en lui le désir d’être pris, enfoncer mes doigts dans la chair douce de son cul, le faire jouir de mes mains.

J’aime qu’on pénètre mon sexe, qu’on le lèche ou qu’on le caresse. J’aime qu’on en lèche la rose, et parfois, quand je suis suffisamment humide et excitée, qu’on s’y aventure finement.

J’aime que vous me savonniez dans le bain… Que vos mains glissent sur ma peau, mes épaules, mes seins, que vous parcouriez tout mon corps de vos doigts affamés, que vos mains me caressent, qu’elles m’explorent, que ma peau douce soit votre terrain de jeu, délicat, doux, un bain comme un prélude à votre langue…

Je viens à votre rencontre, et la vôtre seulement. Je veux d’abord vous connaître, c’est ma priorité. Venez vierge du passé. Je vous veux fier d’être à mes côtés, simplement.

Je veux apprendre les limites de votre sexe, ses points de non-retour, je veux le guider en moi pour qu’il fasse exploser mon plaisir, je veux que votre sexe satisfasse le mien, je veux que mon corps n’en désire nul autre car aucun ne connaîtra mes envies aussi bien, je veux qu’il glisse et se retienne, pour retarder nos jouissances, je veux que vous connaissiez chaque repli de mon sexe, chaque frisson de ma peau, que vous cherchiez les mots qui me transportent et ceux qui me plonge dans l’abîme.

J’aime tant votre désir. J’ai tant de plaisir à voir votre sexe dressé… Je veux que votre corps et le mien se rencontrent, se percutent, s’abandonnent, que vos mots rencontrent ma peau, que ma main rencontre vos rêves.

J’ai les seins gonflés et le ventre humide depuis que je vous raconte mes envies. J’ai envie de sexe. Si vous étiez là, je vous demanderais de me faire jouir de votre langue, de lécher chaque goutte de mon désir, de soulager cette tension de plus en plus forte…

J’imagine votre sexe dressé, je voudrais être vos mains, maintenant. Je saisirais avec joie votre sexe tendu, qui a patiemment attendu l’heure choisie, je le récompenserais de sa patience, soulagé et embrassé, je l’enfoncerais dans ma bouche, douceur de la langue, en m’accrochant à vos fesses ou à vos testicules, j’explorerais votre peau, vos frissons émouvants. Je veux voir votre visage frémir et soupirer. Vos doigts s’agripperaient à moi, serrant ma main mon sein ma fesse lorsque la vague vous submerge.

Je vous veux. Vous.

Ce texte a été publié dans le recueil « Hurler des fleurs ».
 

4 Comments

  • C’est donc ça ta lettre au père Noel ? pas banale, mais intéressante, je sent que le vieux saint va bien s’amuser en venant te l’apporter

  • Qui a dit que les femmes ne savent pas ce qu’elles veulent ? Qu’il vienne, seulement… Je l’attends, la peau frémissante et les jambes flageolantes d’émotions contenues !

  • Nouveau venu, je vous découvre, au hasard de mes pérégrinations, dans vos «je veux» – où je passerais volontiers mes doigts…
    Et j’ai envie de vous dire… le plaisir à vous lire, à parcourir l’indicible du désir que pourtant vous venez dire. Le plaisir aussi de vous voir conjuguer, comme j’essaie de le faire, le sauvage et le fragile. Louve pour vous, moi je dis vagabond.

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