La guimauve.


Alors voilà. Au début, tu voulais raconter des histoires de sexe, et puis … Voilà, les mots t’échappent. Un jour, t’as rien vu venir, et il y a de la guimauve dans tes mots, et tu t’en veux, tu veux t’enfuir en courant, mettre un peu de sang ou de larmes pour que ça fasse gore, tu regardes des pornos le soir dans ton lit, tu regardes les hommes dans la rue, à hauteur de tes yeux, assise, tu vois passer leurs sexes moulés dans des jeans trop petits ou trop fins, ou la ceinture tombant sur la fesse, bref, tu mates, tu pousses le bouchon plus loin, tu baises, volontairement tu oublies d’y mettre du cœur, tu écartes les jambes comme on paie ses factures, pas vraiment par envie, tu essaies tous les chemins pour ne pas laisser cet homme mettre de la guimauve dans tes mots, parce que la guimauve, foncièrement, t’aimes pas ça.

Et tu sais bien qu’un jour, ça va se retourner contre toi. Tu sais bien qu’un jour, il va falloir rappeler au monde que ton fonds de commerce, c’est le sexe, pas l’amour, il va falloir parler d’érection, de désir, de corps qui s’emboîtent, de peau suante, de jouissance, il va falloir raconter cette peau burinée, et le sexe que tu suces, il va falloir dire platement la position, les cuisses ouvertes, les reins creusés, les couilles qui percutent les fesses, il va falloir dire aussi les humeurs acides, les draps qu’on change pour oublier parfois.

Et surtout, il faudra réapprendre à parler de la jouissance, cette absolue évasion où ton corps est électricité, l’abandon indécent, les ondulations insoutenables, le plaisir qui submerge tout, l’instant où la peau crie la joie, où aucun mot ne rend la dévotion qui te traverse, quand les chairs fouillées s’ébranlent dans un indicible voyage, quand ton ventre humide accueille le sexe d’un homme, sa main ou sa bouche, et en fait pour quelques minutes ou quelques heures l’objet de ton affection, ta divinité pornocrate, le centre de ton monde, la seule référence. Dire encore ce regard qui t’emmène vers des émotions tellement plus riches qu’une amourette, cette peau qui nourrit la tienne de l’essentiel parfum de la sienne, brut, sans fioriture, dire la parfaite adéquation entre la chair rosée de ton entre-cuisses et la verge qui te laboure, dire les mots qui te liquéfient, ces « baise-moi » inaudibles susurrés dans un cri.

Certaines ont des haut-le-cœur au goût du sexe ou de la peau. Moi, c’est la guimauve qui me fait vomir. Je me devais de vous le dire.

8 Comments

  • ô oui des mots, tes mots me parlent comme le bois nourrit le feu, l&#39;amour et le sexe sont indissociables et tu les fait couler comme l&#39;encre sur le papier. merci de nous abreuver et que ce jour soit rempli de belles choses.<br />Ouftigars, Christophe (fb)

  • Et dire que cette femme, un jour, m&#39;a avoué sans fausse pudeur être amoureuse de moi… Et qu&#39;à l&#39;époque, je n&#39;avais encore rien compris à ce que les mots sexe et plaisir peuvent signifier !(d&#39;aucunes diront que depuis, j&#39;ai compris 🙂 )<br /><br />Et elle, était-elle encore sage, à l&#39;époque ? Sans doute… car il s&#39;agit d&#39;un temps que les moins de vingt ans..

  • @Christophe : Merci, merci à vous de lire et de le dire… Ca me touche.<br /><br />@E. : Mon cher, pensez à tous ceux que je n&#39;aurais pu aimer si je vous avais épousé. A tous ces mots que je n&#39;aurais partagé avec personne, peu-être même pas avec vous, puisque je suis femme de plume et non de discours… <br /><br />Allez, filez donc vous occuper de votre femme et de vos enfants,

  • Je ne suis pas très grand fan de la guimauve non plus moi ! par contre j&#39;adore le bruit des couilles sur les fesses d&#39;une femme (ou plusieurs)..Suis je normal doc? 🙂

  • Personnellement, je trouve que la guimauve n&#39;est pas incompatible avec le bruit des couilles contre la peau rosie des fesses ; je trouve même le mélange assez agréable (il faut faire attention au dosage toutefois pour ne pas risquer l&#39;écœurette).

  • @ Comme Une Image : Décidément, je mange votre U, bouche arrondie de stupeur j&#39;en fais un O… Pourtant vous n&#39;êtes point coi, délicat plutôt… Pardon CUI !

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