La position du sociologue

C’est celle-là que tu as choisie, la non-répertoriée. Cette position sans complexe et sans effort. La position du sociologue. 

Tu poses tes fesses, tu ouvres les yeux et tu bandes. Rien de plus.

Ce n’est pas très fatigant, n’exige de toi qu’une dose d’énergie minimale. Pas d’effort particulier à fournir, aucun mouvement du bassin n’est sollicité. 

Juste une splendide érection. 

Evidemment, pour arriver à cela, il faudra que j’aie joué de mes charmes au fil de la journée… Te suggérer bien avant le soir, ma voix susurrée dans ton oreille, mon souffle qui irise ton lobe, qui te confie ce désir de te sentir dans mon ventre, te fait complice de mes dérives sensorielles… Tu auras bu ton pinot gris, heure de midi, je t’aurai dit, là, devant tout le monde, à cette terrasse si dandy… mon envie de ton vit, ton corps un peu, tes doigts, ta langue, ton sexe beaucoup, toi sous moi comme assouvir paresseusement un appétit de souris, et se découvrir ogres affamés.

Et puis les heures auront passé, et nous aurons abandonné nos têtes et nos frusques, nos livres et nos blablas. Je serai nue devant toi… Tu seras là, sur ton fauteuil absolument pas prévu pour ça, avec une magnifique érection, mes seins devant toi, mon corps dans tes yeux, mon sexe autour de toi qui observes mais n’interviens pas…

Je m’approcherai, au-dessus de toi, le corps glissant d’excitation, et, à califourchon, m’asseoirai à la verticale de ton sexe, n’englobant que le gland de mes lèvres habiles, dans un contrôle absolu de chaque mouvement. Tu regarderas, tenteras de garder cette retenue et ce recul, comme si c’était un autre que je chevauchais, comme si c’était un autre qui ressentait cette montée du plaisir, comme si c’était le sexe d’un autre qui s’agitait, comme si c’était le ventre d’un autre qui transpirait, comme si c’était les cuisses d’un autre qui s’ouvraient, comme si c’était le sexe d’un autre qui éjaculait. 

Et très vite, tu devras conclure qu’il n’est pas possible d’être objectif, quand il s’agit de relations humaines. Et tu auras envie de caresser, lécher, mordre, goûter, palper, étreindre, avaler, embrasser.  Et tu jouiras en criant, dans une générosité redécouverte, dans un abandon imprévu, quand mon corps embrasse le tien.

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