La ville


La ville me raconte. Dédale de ruelles aux milles parfums enivrants. La tête me tourne, l’émoi guide mes pas. Retrouver la chair et le chemin, la vie voyage comme je rêve. Pavé gris sous mon pied, votre main autour de ma taille, vous me serrez si fort, comme si je pouvais m’envoler plus vite encore. Ma hanche contre la tienne, nous dansons, tango anonyme. La cambrure magnifique, la tête haute, je vous offre mes reins dans un sourire, un murmure à votre oreille, comme un cri. Les odeurs s’emmêlent, le café qu’on torréfie, amertume exhalée comme un baiser. Vos lèvres me brûlent, elles dévorent, ces si grandes faims de peau qu’il nous faut plus d’une nuit pour les apaiser.
 

La ville m’égare. J’y perds mes sourires à des vents inconnus, j’y raconte mes rêves au détour d’un regard, j’y caresse votre peau, quand le soir enfin. La pulpe de vos doigts dessine mes lèvres, l’arrondi de mon sein comme un fruit à votre bouche. 

Délicatesse estivale, évasion alanguie, je vous guide de-ci de-là, entre les chemins de traverse et les venelles indécentes, je vous emmène vers le lac de mes heures, à l’intime de mon ventre, moiteur infinie. Les jouissances affleurent, tandis que la ville somnole, clair de lune. 

Thème choisi par @Raphaeltkt, mon 1500e abonné sur Twitter.

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