Le repos du guerrier.

Parce que je suis humaine, et que j’ai le cerveau qui ricane, entre bon cœur solidaire, présomptueux « on vous l’avait bien dit » et effroi, sans autre forme de pensée.
Parce que je suis humaine, et que j’ai à peine conscience de la folie qui nous traverse, du monde du dehors, de l’insensée course folle contre la mort.
C’est notre chemin, pour peu qu’il y ait un sens transcendant. 
Mourir.
Je préfère oser, chaque jour, tisser le fil, fil rouge de nos âmes, fil audacieux sur ta peau, fil absurde face à l’horreur.
Mais quand tu refermes le journal, que tu n’es plus qu’un homme face à moi,
Quand les peurs sont là, épidermiques, avec plus aucun mot pour te rassurer,
Quand la mort rôde,  quand elle nous arrache et dessine sur mon ventre des lignes blanches survie,
Quand tu regardes ton sexe mou, abattu par le monde,
Quand tu t’approches fragile, ta peau vieille et tes yeux usés,
Quand tu es là, debout, malgré eux,
Alors je te regarde, humain, homme, aimé,
Je sais ton impuissance,
Je sais ta conscience,
Et dans l’abandon du réconfort,
Je colle mon sexe contre le tien,
Je prends ton odeur,
J’emboîte nos corps,
Je cherche ta main, 
Je lèche ta peau,
Et je te réconforte.

Pour que demain tu relèves encore la tête. 

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