Miles

Laissez-moi préférer le désir à la vie. Le désir qui caresse, enlace, étreint. Le désir qui hérisse le poil, écarte les cuisses, le désir qui bouge le monde bien plus que la vie.

Croiser le pas, la main caressante à vos os saillants, hanches, genoux. A bouche, Darling, à bouche je vous dévorerai, tombant les dernières soieries à vos pieds, d’un mouvement léger de la hanche, comme une fièvre mélancolique. La trompette de Miles raconte les volutes, votre parfum mêlé d’un peu de ce vin délicat, qui honorait les palaces du soir. Je vous ai regardé. Sourire en rougissant légèrement. Goûter de-ci un verre, de-là plonger les yeux entre mes seins, et faire la conversation, vive, intelligente, mais politesse insipide. Oh Darling, si vous saviez, comme cette particule m’est si peu élémentaire.

Laissez-moi préférer votre sexe à votre esprit.
Votre sexe doux et chaux, votre chibre réactile, sa tête humide entre mes doigts. Vous souriez. Le jeu vous plaît, n’est-ce pas ? Être la proie de toutes ces attentions, depuis le baiser à votre téton au doigt frivole entre vos fesses, être sujet de désir, promesse de la jouissance à venir, peut-être. Et de la caresse à la bouche, votre frisson émouvant, la main qui accroche mes cheveux, le bois chaud du sol, la lumière d’hiver qui rayonne entre vos cuisses, et mes lèvres vous embrassent, rondeur sur axe, goût de sel et fantaisie. Comme la soie sur ma peau, votre gland doux, votre ventre moite. De la langue cueillir la goute de votre envie, savourer le sel de l’existence.

Comme une vague caressante, homme nu dans la lumière blanche, vos hanches dansent.

Laissez-moi préférer le paso doble, les entrelacs des corps qui se croisent, les soubresauts des reins, les errances multiples, le plaisir en deux temps.

Ne pas aller trop loin, et garder encore un peu de votre envie pour nourrir la mienne. De votre plaisir tirer ma joie. La trompette dans la nuit, et coller mes reins à votre désir. A l’aller vous contraindre, caresse de main, au retour vous attendre, au creux du ventre, là. Ressac et douce folie du vieux jazz qui râpe, votre joue bleue sur mon sexe nu.

Dansons encore, voulez-vous ? 

La musique qui accompagne : Miles Davis, Flamenco Sketches  

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