Mineur


Absolus, le voyage immobile et l’indécise envie. 

Trop de vie. Tant à dire, tant à ressentir, et le temps qui manque, le temps de goûter votre émoi, le temps du sel sur la peau, le temps de revivre, encore un peu, le temps de savourer, le papier de soie se déchire, la peau percute, et les guitares irisent mes hanches, le feu, le feu de vos doigts, votre main qui dessine la rougeur sur la peau blanche, c’est cela, dites-moi, c’est cela l’urgence, être encore feu et déjà glace, être à votre bouche, être dans le regard, votre caprice et puis, la viande et le goût du sang, le vin et l’ivresse, tu sais la chair est essentielle, et rire, rire de nos folies, rire d’avoir exigé la pureté de l’âme, rire de nos petites compromissions, mes héros d’hier, lettres et sourires, quand le temps a roulé sur nos pieds nous avons changé, nous avons vieilli, mais au fond de vos yeux, parfois, au détour d’un sourire, je retrouve l’étincelle, je sais la foi, et la folie. 
Je vous ai cru invincible, oh inaccessible interdit, touché du doigt, goûté du bout des lèvres et sursaute, petite non, tu ne peux pas, aimé de rien, comme une évasion ordinaire, les frissons des vertèbres, le corps humide déjà, touché goûté et déjà la perfection n’est plus, car elle ne peut être, qu’imaginée, mais c’est autre chose, plus, mieux, différent, comme un choc de vie, les réels se mélangent, vous êtes et puis non, c’est différent. 
Je vous croyais solide, mon pauvre amour, et je vous découvre si fragile, quand ma main effleure vos flancs dessinés. 
Il y a le désir, et il y a l’encore. Encore vivre un peu, entre vos mains déliées, que la chair s’émeuve, que les seins se dressent, encore jouir un peu, quand votre bouche me dévore, et vos doigts m’écartèlent, quand ma chair violacée, et que votre peau s’affine, quand mon ventre vous réclame, quand il me faut être prise pleine comme l’abandon de toute pudeur, que l’urgence se fait percussion, que votre souffle, souffle et puis râle, que mon poing se serre, que vos dents dans mon cou, que les yeux ne savent plus, que la peau glisse et cogne, et la tête contre, et le ventre contre, et les seins écrasés, et la fièvre, la sueur, vos reins luisent et mon corps est plaisir, et ma bouche vous boit, et mon ventre jouit.

Parfois, je suis au bord du silence. Il y aurait tant à vivre…

Après le bonheur, la bouche en extase, la peau frissonnante d’épices, l’envie d’écrire s’éveille, comme un voyage immobile. La jouissance enivre, Monsieur.

Ecrire en la mineur, sur les notes de Bach, comme un hommage.

(La musique est ici… http://www.youtube.com/watch?v=u6Hhb7y8mkU )

1 Comment

  • Les voyages immobiles… Et maintenant l&#39;évocation du silence. Etrange à quel point je peux me sentir à la maison en vous lisant.<br />Etrange, réjouissant, impressionnant. Intriguant. Aussi.

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