Mnésique

A soir je voulais revivre l’émoi, les voyages impossibles, les corps exultant à l’aube, dans le silence de la lune, dans l’oubli du monde. L’essentiel, à peau rassasiée, à ventre qui jouit, ce sourire qui ravage d’émoi, cette lumière douce qui met en joie depuis la nuit jusqu’à demain. Et de retrouver ce léger frisson d’épaule au souvenir des baisers tendres, le cou tendu cherchant une bouche qui n’est pas là, ce moment de peau électrique, vos frissons doux. A rêver tant ma main s’égare.

Ce baiser doux sous mes côtes.

Cette arabesque entre mon sternum et mon nombril.

Vos doigts délicats sur la ligne cicatrice.

Votre main sous ma cuisse.

Vous êtes partout.

Il y a soleil et vos doigts dessous. Et ma peau brûle encore des heures indécentes, les seins de marbre, le sexe d’eau. Gorge frissonne de vos doigts, de votre langue explorant l’interdit, et provoquant les reins tendres. Évidemment, colonne courbe, et cul s’émeut, il y avait là votre sexe tendu entre mes arrondis de lune. Votre bouche mange mon sein, et je perds pied, corps flottant entre deux eaux, désir et plaisir, apesanteur indécise du désir qui m’électrise.

Ma main se souvient encore comment vos doigts ont évadé mes rêves, comment votre bouche m’entraîne vers des danses indécentes. Mes doigts se la racontent, se prennent pour sexe droit, pour bouche délicate, pour main d’amant… Dans la solitude des nuits lunaires, mon ventre a joui deux fois.

A matin venu, j’ai découvert cette tache rose sur ma peau,  d’un rose flamboyant comme une culotte de satin, comme un rond avec une pointe, une tomate ou un sein. Une envie.

 

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