Nuit d’or

Oh, l’urgence du beau. La peau dessinée, la douceur de vous, la caresse. Maintenant. Lever les yeux, croiser le noir. Fermer les yeux. Replonger. Ca traverse les jambes, et le ventre prend vie, et la peau palpite, le souffle magique. Il n’y a pas de mots, ce soir, pas plus qu’hier. Il y a le réconfort de l’émerveille, et votre sourire au loin.

Le souffle dessine la note. Corps se redresse. Tête se relève. La grande joie rejoint le chagrin, dans un mélange infiniment fragile, terriblement fort. Je ne veux plus voir le monde, ou alors seulement le beau. On peut avoir le plaisir sans l’amer ? Le sourire sans le sang ? Avoir la conscience de tout mais le choix intelligent ? Et bassin s’équilibre, et poumons crachent les derniers soupirs. Fort, fort, donnez moi de cette musique encore, à m’éclater les tympans, à oublier dehors, à savourer un instant parfait, suspendue entre la parfaite technique et la surprise du vent. Je suis rentrée chez moi dans la nuit. Au réveil, il y avait de l’amour qui suintait de ma peau, du bonheur dans mes oreilles. Il y avait encore la nuque du pianiste, et les doigts d’Ibrahim.

Musique.

(Faites vous plaisir. Allez voir Ibrahim Maalouf en concert. Ca remet du beau dans la vie)

2 Comments

  • Vos mots sont inspirants, ma chère… Puissent vos nuits être encore « d’or ». Quel beau cadeau vous faites à ce magnifique monsieur.

  • Ce souffle, ces notes distillées au fil d’un phrasé envoûtant, faisant miroiter des morceaux d’Orient, bousculant nos oreilles occidentaavecans jamais se montrer intrusives.

    Ces notes que notre oreille ne reconnait pas immédiatement comme justes et que l’harmonie de l’ensemble établit comme parfaitement en place, matricielles de ce message musical unique.

    J’ai déjà du le plaisir d’applaudir ce grand trompettiste lors d’un concert parisien, et j’ai été frappé par le partage avec le public, avec les musiciens, et aussi par le message humaniste de sa musique.

    Cet hommage que vous lui rendez ici joint deux facettes du monde qui me font vibrer : la musique, la peau sublimée, et me conforte dans l’idée que ce sont deux composants indissociables de l’harmonie avec ce qui m’entoure.

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