Nuit d’hiver

Avant que la lumière vienne. Avant que le jour nous prenne. Je goûte nos corps, paisible silence de la nuit. Au loin, j’entends les premiers bruits de moteur, la vie qui reprend. Non, pas encore, je ne suis pas prête. Je veux encore un peu de noir. Je guette l’aube, le soleil et le sexe levants. Il n’est de plus grande promesse de plaisir que celle murmurée en fin de nuit, quand votre reflexe s’égare en ma torpeur. L’instant précis où ma conscience s’éveille : lorsque l’extrémité douce de votre gland vient délicatement tracer sa route entre mes fesses, vers la tendre humeur de mon ventre. Votre bouche sur mon épaule, votre souffle dans mon cou, paisible. Les rêves s’achèvent, le ciel bleuit.

Je me glisse contre, tout contre. Vous guide avec indécence, ondule des reins et des hanches. Votre main cherche mon sein, bientôt le matin. Vos doigts glissent, taquins, frivoles, audacieux. Ils effleurent la courbe toboggan, entre mes hanches et ma taille. S’attardent en l’arrondi, que votre main englobe, pince le téton rose comme on mordille une oreille, comme on murmure un mot trop chaud pour être cru.Il n’y a pas encore le monde, il n’y a que nous, le sommeil qui traîne encore un peu, et ma peau brûlante.

Au loin, le mauve, et puis l’orange. Dans mon giron, votre raide envie. Ondule, ondule doux, et glisse, centimètre par centimètre, entre, bienvenu, et raconte-moi comme le jour sera beau. Va, viens, dis-moi les minutes précieuses, nos corps presque soudés, la peau qui claque à nos reins volontaires. Et puis l’humide et l’envie, l’urgence presque de sauver une heure belle, encore cinq minutes, et puis j’enlèverai mon sourire. Encore cinq minutes, et ma main emmêlée dans la tienne. Pas de mot, pas un bruit, si ce n’est le froissement des draps, et les frictions des corps heureux.

Les premières gouttes de pluie frappent la fenêtre, je gémis. A ciel blanc, j’ai joui.

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