Paris

Je me tais. Souvent, je me tais. J’assiste impuissante et hébétée aux lumières clignotantes, aux visages bouleversés, aux récits d’effroi, puis aux larmes, à l’absence.

J’ai passé la journée à regarder l’écran. Les écrans. Les yeux rougis, la gorge qui pique, à chercher les chatons mignons pour s’arracher un sourire, à se rappeler l’essentiel pour raccrocher à la vie, retrouver le fil. Retrouver l’en-vie, l’appétit. Rien n’enlève le goût de sang dans la bouche, tu sais. Ce soir mes petits ont faim. Je vais juste cuisiner. Ce petit rien, cette habitude. Ce rituel de chaque jour. Ce moment où on se rassemble autour de la table, où leurs questions se font troublantes, ou vérités violentes, où ils me disent qu’à l’école, Maman, on a peur parfois, et maintenant, et demain, et pourquoi ? Et puis il y aura le silence. Manger. Respirer. Dormir. Aimer. Sourire peut-être. Parler. Ecrire. Vivre, absolument.

2 Comments

  • Nous garderons toujours avec nous une part d’insouciance qui nous aidera, j’espère, à trouver la vie belle.
    Les évènements d’hier ne sont pas les plus tragiques que nous ayons connus et il y a hélas fort à parier que de nouvelles douleurs nous assaillent.
    Courage, appliquons nous à vivre, à préférer Éros à Thanatos.

  • Oui il faut vivre même si c est extrêmement compliqué apres ces atrocités inhumaines
    La vie la joie doit triompher face à la barbarie

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