Rodéo


Nuque. Reins. La ligne.

Accroupi au-dessus de moi, tu traces les desseins de ton désir de la pointe d’un pinceau dru.

Nuque. Reins. Des pointillés.

Intermittences du geste, comme partir et revenir, un balancement animal, tu glisses entre mes fesses, fourreau tendre à ta verge tendue. Tes doigts s’emmêlent dans mes cheveux, tu t’agrippes, je me cambre, diablesse à la peau de pêche, tu rougiras avant moi.

Mes griffes à tes cuisses, te plaquer contre moi, quand tu attises le vide, je glisse, délice. Ma peau est mes yeux, je te regarde si près, je rue et proteste, prends-moi, rude ou doux, sage ou fou mais dompte-moi.

La tête en arrière, les fesses écartées, les genoux pliées, je sens ton gland contre mes reins, ta main qui cherche mon sexe… Et ta bouche, qui remonte vertèbre par vertèbre, mes os emboités, lombaires électriques, dorsales fragiles, entre mes omoplates… Tu m’attires contre toi, embrasses mon cou, reviens vers l’oreille. Tu me murmures ces quelques mots doux, paradoxe savoureux à ton désir émouvant. La tendresse du verbe, la rudesse du ventre. C’est maintenant que tout commence. Rodéo.

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