Sapori di Sabina

Pour vous, j’ai mis ce rouge à lèvres rouge très rouge. 
Il dessine l’assurance comme ma culotte de soie, sanglée sur les hanches. 
Mon cou nu cherche refuge dans les grosses laines. 
Entre vos doigts. 
Caresse de fin du jour, quand le monde nous oublie. 
J’aime le chaud de vos doigts. 
Mes cuisses tremblantes, le froid. 
Dehors, les cloches des églises, c’est la vespérale, des femmes prient. 
Dedans, j’ai enlevé ce long manteau, et posé ma petite valise. 
Un peu de dentelle, un gilet doux, un foulard gris. 
Votre invitation. 
Les volets fermés, le village désert. 
Les ruelles jamais oubliées, pavées, étroites, abritent bien des mamma dont les petits ont quitté le pays, pour rejoindre Rome-la-belle, à une heure d’ici. 
Rares sont les hommes, comme si les guerres historiques avaient usé leur vie. 
Ici, la légende marque les lits, le sexe est conquérant, le plaisir volontaire. 
Dans la vieille maison sans fenêtre, le poêle à gaz grésille, vos doigts enchantent mes reins, et mon ventre loue votre grandeur. 
Le coton rêche du lit blanc dessine ses entrelacs sur votre peau. 
Ici une ombre solaire, là une fesse claire, comme un fruit mûr, tentation de bouche. 
Je n’étais pas certaine, il y a quelques jours encore, de laisser curiosité me mener à vous. 
Mettre la peau sur vos mots, donner la chair à votre corps, mesurer le temps passé depuis nos voyages indécents, les vies dévorées, les jouissances passés. 
Mes seins entre vos lèvres, et je ne doute plus. 
Vos doigts dans mon sexe, et j’ai oublié mes souvenirs. 

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