Silence

Le silence. Les corps. Nous.
S’interdire les mots pour une heure, deux, plus, une nuit, d’avoir tant dit déjà quand peau raconte. Le sans bruit des voluptés émouvants.

Je vous dirais bien le goût de la peau.
Je vous dirais la courbure du sexe, le baiser dévorant ou le frisson de la chair.
Je vous dirais les voyages et les plaisirs infinis, quand corps s’arque, reins creusés, seins érectiles, votre bouche généreuse, quand le ciel s’éclaire une dernière fois au souvenir, ou dans l’attente, ou votre sexe dans le mien, et les danses indécentes, mes fesses à vos doigts, mordre la lèvre, retenir le cri, et vos yeux fermés, et ce sourire enfin, quand corps lâche prise.
Je vous dirais les heures à rêver, les fantasmes racontés, les projets fous, les envies qui s’invitent, et l’urgence du désir, je vous dirais tant et pourtant.

Je ne dirai que silence.

Et pourtant les peaux effleurent, et les souffles courts, et les bouches impatientes. Et les draps s’emmêlent, les cuisses claquent et le sourire vous dévore. Indécent. Votre plaisir au bord de mon ventre, comme le vent dans la forêt, la vague sur la plage. Et les regards qui racontent, au détour de l’épaule, le plaisir qui vient, l’ivresse silencieuse, l’émotion tendre. Choisir le silence pour que chair dise, seule, fragile et forte, l’eau et le sel. Pour que regard confie les sens, que reins guident et que main s’audace.
Alors vos doigts ont pris mon ventre,
votre bouche a murmuré sans bruit,
ma bouche a aimé votre sexe,
vos reins ont frissonné,
vos cuisses entrouvertes,
et debout j’ai joui,
le cul offert à la lune,
dans les bois sauvages,
dans les hôtels anonymes,
dans vos errances.

Et enfin, dans le silence, nous jouons la musique, les reins au rythme de cette batterie douce et régulière, les souffles chantant, les mains comme les mots, audacieux, graves et légers, et les doigts légers sous votre sexe, et la cambrure insoutenable.
Et attendre encore, pour prolonger la nuit.

5 Comments

  • Bon jour,

    Il y a des silences de Lune au clair de chair,
    A corps tendus royaux et gueux tout à la fois,
    Mêmes directions mais positions luminaires,
    Les voyelles s’entrechoquent, puis se noient,
    L’envers du trépas, jouissance aux gouttières !

    Max-Louis

  • Saccadés, balbutiements, souffle haletant, pensées humides et brûlantes, caresses appliquées, impossibles silences, courbes hurlantes, vous, râle animal, insoutenable, l’instinct à relâcher l’homme, la faim à garder la bête, dévorante dégustation, silence, universel ou impossible langage, sideration, dérèglement des sens. ..

  • Jamais un signifiant unique a tant fait l’effet d’une explosion. ..désir, lourd pour les sens.
    Agitation, débordement d’élan vital, ébullition, paix intérieur profondément troublée…

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