Un soupir

Alors tu bandes, tu bandes magnifique, comme un arbre sur un toit, comme un croissant sur une chapelle, comme ta main dans mon sexe, doigt tendu, paume moite, bruit de succion vorace, une échappée interdite, la vague odorante, verrouillée à mes chairs, faim tu as faim, froid mais doux, tes hanches à mes fesses, la ligne médiane, la voie sacrilège, l’audacieuse permission des ventres mélangés, cherche, plus loin au creux de moi, cherche et dérive, la folie des sans-route, cartes épidermiques et puis, et encore, et voilà que tes lèvres peignent mes seins, la peau de lait, l’accroche-cœur, l’arrache –tripes, le relief des autres vies, la voile et pourtant, les maritimes encore, sur tes doigts, lécher et vivre, choisir le vrai, tant qu’on peut, tant qu’on croit, tant que la bouche s’arrondit autour, tant que les lèvres dévorent, et puis les peaux s’habitent et les yeux s’étincellent, et les jouissances se soupirent… Chut.

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