Violetta


Et la note enivre l’âme, bascule vers l’iris bleu, affine les dermes fragiles vers un diamant d’émotions pures. Le bruit partout a abîmé mes rêves, je m’enfuis retrouver le temps doux, l’odeur d’une peau, le voyage immobile.

Ne pas chercher les effets de corps, les défis impossibles ou les concurrences déloyales. Juste être là, posée, contre son ventre, écouter le silence. Les jambes frissonnantes, sentir de mon giron la joie qui se répand, et la délicatesse de son désir ravivé, ses doigts qui m’explorent, doucement, dans l’égarement fragile, pour ne pas brusquer.

Et rien ne me brusque lorsque j’étends la main vers ses côtes, et que je caresse le cœur débordant. Au bout de mes lèvres, le savourer encore, sans bouger, le front à son épaule. Goûter le bras, là où la force et la tendresse s’entremêlent, la blancheur sous l’aisselle, l’odeur forte, le sel.

Peut-être un jour, quelque part, un homme comprendra mon fil de pensée dans l’absolu de l’âme et du corps, le cœur submergé, la larme et les silences. Et il aura raison. J’aime, toujours, un instant ou une vie, je ne peux empêcher mon cœur de battre, mon ventre d’exulter, mon esprit de s’affamer, je ne le voudrais pas. J’aime vos fragilités, et vos forces tout autant, vos sexes raides et vos jouissances précoces, vos éclats soupirants et vos rires insensés, vos oublis et vos invasions, vos odeurs de tabac froid et vos doigts parfumé à mon sexe.

Je ne vous ai sans doute jamais rien demandé… mais je vous ai tout offert. Qu’en avez-vous fait ? Cela vous appartient.

1 Comment

  • Ma chère Nora, tu sais si bien décrire la subtil flottement entre la frénésie et de la délicatesse que dans toute relation il me semble naître…<br />Un peu comme le divin mais humanisé.<br />Si juste.

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