Vous

La nuit vous a déposé dans mon lit. Nous aurions pu choisir le jour, ces heures affamées de midi, ou l’aube ensommeillée de rêves. Le crépuscule nous a réunis. Corps échauffés d’efforts, peau salée de vie. Vous êtes posé là, à quelques centimètres de mes hanches. Votre bras en travers de mon corps, vos cuisses et les miennes presque soudées, si ce n’est cette dernière pudeur. J’ai attendu longtemps, si longtemps que votre corps s’accorde au mien, si longtemps que votre genou se hisse entre mes cuisses, premier mouvement d’une danse longuement répétée.
Votre main autour de mon sein, caresse, éveille, paume ouverte sur le mamelon fragile. Votre bouche souffle dans mon cou les mots timides, les suppliques indécentes, l’envie ou l’appétit, la douceur de la confiance.
Votre sexe dressé contre ma hanche. Je frôle sa longueur, descendant de votre taille à l’intérieur de votre cuisse. Dans un jeu de miroir délicat, votre doigt glisse entre mes cuisses, caressant la lèvre, puis le velours doux, et ma main s’enroule à votre corps bandant.
Votre respiration me guide, et vos reins m’invitent, ma bouche sera votre écrin, joue lisse et langue taquine, donnons le temps au plaisir.
Votre membre ainsi dégusté, vos mots se font râles, et vos cuisses me donnent le rythme de la marée qui vous traverse. Votre main crispée dans la mienne me dit le plaisir, à mes doigts qui vous explorent, à ma bouche qui vous dévore.
J’aime sentir votre sexe palpiter au fond de ma gorge, la confiance de votre corps, l’émoi de l’instant, ultime réconfort, avant la vie qui nous attend.

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