Déculottée

Et il souffle sur tes doigts, comme si tu avais froid. Et tu resserres les pans de ta veste, il comprend mal, et tu ris, parce que ton ventre fourmille, comme quand tu faisais pipi dans les bois et que les chasseurs pouvaient voir tes fesses pâles au pied du chêne, comme quand tu courrais nue dans la prairie, et que le fermier te maudissait de faire peur à vos vaches, comme quand la nuit était si noire que tu guettais les filantes, couchée dans l’herbe du terrain de rugby, à sourire comme diablesse des impudeurs de ton désir.

Il y a tout ça dans ton sourire, ce soir.

Et tu danses, petite chose impudique, tu danses autour de ses deux doigts glacés qui endorment ton sexe, tu danses et sautilles comme le plaisir, comme la trompette d’Ibrahim dans le vent, comme tes reins creux et ta douce folie, ondule de la hanche, va, tapote du pied comme si tu pouvais tout contrôler, fais le papillon, petite truite sortie de l’eau, fume l’air glacé tandis que tes seins se frottent avec insolence sur le velours noir.

Et tu ris, fantaisie de l’esprit, quand il te murmure l’amour, et tu ris, gorge folle, à sa queue raide contre ton ventre nu, et ta voix rauque dans la nuit, et ton sein déjà dans sa main, il te tient, t’échauffe, t’emmène, tu ris parce que tu pourrais tout quitter pour ce corps contre le tien, pour ces yeux qui étincellent, cherchent le sens, guettent ta joie, pour ces doigts qui réveillent ton antre, et l’audace de tes envies, ton sexe affamé de lui.

Et tu t’empales, jouissance préméditée des nuits de déculottées. Au loin, les hommes boivent au jeu perdu, ignorant vos corps emmêlés. Une autre partie.

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