Intrépide

J’allais prendre quelque repos, mais au loin, j’ai vu la terre des coquelicots, les intrépides aventurières, guetter le désir et le verbe, quérir ma chair et ma modeste pierre.
Oh petite fille, comment fais-tu pour donner sens et vie sans prendre le temps de ton propre plaisir ?
Très jeune, mes mains ont trouvé le chemin de mes cuisses. Très tôt, comme pour donner sens aux râles de la chambre voisine, et pourquoi parfois j’avais si chaud, quand le drap frais entre mes cuisses, il me venait des envies de danser.
L’après-midi, je combattais les jeunes garçons, dans des combats martiaux sans artifice. Parfois les odeurs de sueur, nos adolescences précoces, me troublaient sans conscience. Les combats d’aujourd’hui, à peaux nues, me donnent les mêmes émois.
A vous raconter simplement, ma main s’égare, frôle un sexe et puis revient vers vous, promenade délicate. Nous sommes dans le lit, le dos appuyé contre le mur, les jambes fléchies, légèrement écartées. Impudique, votre corps est contre moi, lové entre mes cuisses. Votre sexe est offert, j’en ressens les émotions avec autant de désir que de respect. Ce corps contre le mien, ce dos contre mes seins, ces cuisses entre les miennes, m’inspirent les plus douces caresses, dans de lentes explorations. Mes doigts passent dans votre bouche, à la pulpe de vos lèvres. Votre cou, au velouté soyeux, m’invite vers vos seins. Ils sont magnifiques. Regardez celui-ci, globe entre mes doigts. Je pince délicatement sa pointe, et de mes doigts humides le caresse, provoquant son émoi. La peau de votre gorge frissonne, vos hanches basculent légèrement.
Est-ce là une invite ?
Vous me murmurez un oui qui m’invite à bien plus. Mes cuisses vous entourent, et mon sexe vient se coller à vos courbes, profitant de votre danse timide comme d’une caresse fiévreuse. Ma paume pleine descend de vos seins à votre ventre. N’ayez aucune crainte, Madame, vous êtes belle, vous avez la vie pour vous, celle donnée, celle reçue. Collez-vous bien à moi, que mes mains vous explorent, de ce renflement de mère au duvet délicat. Entre vos lèvres l’envie. Vous me laissez approcher un doigt mutin, qui goûte à la soie de ce coquelicot fragile. Sa moiteur vous rend accueillante, Madame, et je m’égare en vous comme dans une antre connue, longeant les murs de velours, glissant entre les pétales, goûtant au sel de votre émotion pour mieux y revenir, en aller-retour délicats.

Vos jambes s’écartent plus encore, se glissent par dessus moi. Mon sexe plaqué à vous gémit de désir, ma main a trouvé le chemin qui mène à votre plaisir.
Mon pouce posé à la jointure de vos lèvres, masse délicatement ce petit pois sensible, qui semble vous emmener loin, haut, vers d’autres voyages. Votre souffle me guide, plus fort, plus loin, presque à vos entrailles, humides, palpitantes, écarlates. Mais je veux vous donner plus, Madame, et la main désormais glissante de vos huiles parfumées, j’enfonce un doigt dans votre sexe, et l’autre caresse la rose si serrée de votre intimité. D’abord surprise, vous appréciez très vite ces audacieuses approches. Vos fesses dansent maintenant, autour des axes de votre plaisir. Vos lèvres me réclament, doigts, bouche, vous voulez tout, vous voulez jouir. Alors je vous lèche, vous mords et vous savoure, vous empale sur mes doigts, ma main vous fait l’amour.
Jouissez, Intrépide, jouissez pleinement. Votre sexe humide est un merveilleux compliment.
Ce texte a été publié dans le recueil “Hurler des fleurs”.

4 Comments

  • bonsoir Nora<br />que j&#39;aime cette évocation des murs de velours… de ces promenades dans des textures si finement diverses…et le souffle, la contraction du dos, ces frémissements infimes, des mains, qui chuchotent le bon chemin pour le visiteur.. oui.. oh oui… viens par ici… Non, retourne de là d&#39;où tu viens… reste ici…les pointes des seins qui explosent, annonçant

  • L&#39;on m&#39;a recommandé à vous, enfin, ça n&#39;est pas tout à fait exact. L&#39;on vous a recommandé à moi, je parle de lectures bien évidemment. Le pire c&#39;est que je suis passé chez vous il y a quelques jours avant que l&#39;on m&#39;invite à vous lire. Je prendrai le temps de revenir.

Comments are closed.