Libre par nature

Je suis venue. Avec mes idées désuètes et mon désir collé au ventre, comme on traîne une cicatrice ou un tatouage. Ecrit grand.

Dans une danse joyeuse, nos corps se frôlent, se cherchent, sourient. Ton sexe cherche le ciel. Je ris de bonheur, l’indécence n’a d’égale que la liberté. Tu es debout sur le canapé, mimant les plus mythiques sculptures… Mais le Davide, cher, ne bande pas ! Tu t’esclaffes, hurles au sacrilège ! Sortez le malin de cette diablesse, qui voit sexe partout, pire que Freud et Zeus réunis !

Tandis que le souffle, je frissonne. Il y a sous ma peau des chemins inconnus, qui électrisent la chair, libèrent les corps à l’intime. Il n’y a pas d’hier ni de demain, il n’y a ni Maître ni Mademoiselle, il y a ton sexe et le mien, et une nuit pour s’apprivoiser. Mon corps qui ne tient pas debout a de ces fantaisies allongées qui rappellent à tes lèvres le goût de la mandarine. Mes doigts se font mouche puis gaine, papillon léger et poignet décidé.

Course poursuite du salon à la douche, sueur. Je veux te lécher de la tête aux pieds, comme un sorbet de framboise acidulée, le fruit charnu entre mes lèvres, la rosace sous mes doigts. Je suis assise à tes pieds, mes lèvres bleues déclame de ces textes interdits. Pas besoin de  Dieu pour goûter le sacré. Tu ne feras que passer dans mon lit, un temps plus ou moins long, que nous aurons choisi. Un temps de liberté, d’exploration, d’apprivoisement peut-être. Mais la vie est si courte, et mon appétit si grand. Il pleut. Viens, allons au jardin. Nus, sous l’eau du ciel noir foncé, les pieds dans l’herbe, ça chatouille, et il y a des insectes. Assise sur la balançoire, je joue comme on me l’a appris, tendu, plié, tendu, plié. Tu attrapes mes hanches, glisses ta tête entre mes lèvres encore salée de ton jus clair. Fouille la chair, trouve la perle, et nourris-toi de cet impudique bonheur. Tes cheveux sur mon ventre, je te parfume de joie. Nos corps chaloupent, l’ivresse sans l’alcool, l’envie de plus, de tout, de la lune sous les étoiles.

Au loin, des bruits de jazz. Quelques notes, un sax intrépide… La ville continue de vibrer, tandis que tu mimes la batterie et ses fouets sur mes fesses, fantaisie. Glisse, tapote et claque, et rythme de ta queue dans mon ventre. Je tangue doucement, tendant le flanc à la main, le sein aux doigts pianotant… A nous voir, le voisin se demande si nous baisons ou si nous dansons. Les deux, monsieur. Et avec plaisir, si vous saviez.

Je m’amuse de nos corps, tu souris de tous tes yeux. Je cours à travers le jardin jusqu’au saule, et grimpe sur la branche, celle où j’adorais lire, plongée dans d’autres mondes, étrangère dans un monde bruyant. Une jambe repliée, l’autre qui pend, je me prends pour panthère, invisible et furtive, le fauve. Tes baisers sur ma cheville me font doucement rire. Quand ta langue passe derrière mon genou, mes reins deviennent sensibles. A ta bouche sur ma cuisse, si pâle dans la nuit, presque phosphorescente, je gémis. Intrépide paresseux, je bascule et t’offre mon cul, frivole et gourmand. A pleine bouche, tu embrasses, inondes et pétris, tu explores et doigtes à l’envi, et plus tu glisses, et plus ton sexe durçit, et tes reins s’affolent dans l’air de la nuit. Une main en moi, l’autre autour de toi, tu grognes, grondes, tords, écrases, tu caresses, enserres et agites tes doigts, et gicles solitaire, les yeux grand ouvert, rugissant d’émoi.

Je redescend de mon perchoir sans un mot. J’aime te voir les mains moites, hésitant entre un sursaut de pudeur et une délicieuse complicité. Je m’en voudrais de te laisser ainsi, dans un doute qui mérite apaisement. Allongés dans l’herbe, comptant les étoiles, nous reprenons souffle.  Tout se joue sur un pari. Si le nombre est impair, je t’étoufferai de mon sexe, dans un ultime plaisir.

Dans le cri, tu ne sais plus si c’est ma voix ou la nuit noire, cette longue flamme qui lèche le corps, ce vibrato du plaisir qui pulse, mon sexe sur ta bouche, mon cul autour de tes doigts.

 

 


Réfléchir avant d’écrire

La logique de marché.

 

Un vendredi d’août, en écoutant…

  • Pink Floyd : High Hopes
  • Melody Gardot : Les Etoiles
  • Purcell : Le couronnement de Popee, la berceuse d’Arnalta
  • Purcell : Dido et Aeneas, Remember Me
  • Tamino : Habibi
  • Rolling Stones : I don’t know why
  • Chakachas : Jungle Fever
  • Art Blakey & the Jazz Meesengers : Moanin’
  • Tame Impala The Less I Know The Better

Merci à Ah Well Manneke !, Mermaid, Autumn, David (Bugs Killer), Eric Rozenberg, Chiara, Nemesis, Vice de Forme, et merci aux hommes généreux qui m’inspirent. Puisse la jouissance être sur votre chemin.