A vous


Un jour, nous nous rencontrerons. Vous ne savez pas quand, mais vous savez que cela arrivera.

Je pourrai vous promettre la lune, vous dire que j’attends l’amour ou que je vous appartiendrai pour toujours. Je voudrai vous donner le ciel et les étoiles avec, comme dans les belles histoires, et mentir à vos yeux, et réinventer le monde, les mirages et les illusions. Mais nous n’y croirons pas, ni vous, ni moi.

Je pourrai vous prendre par la main, et vous emmener dans les arbres, sur l’eau ou dans mon lit, vous parler un peu de ma folie, de la façon dont je jouis ou de mes opinions politiques. Si, j’en ai.

Je pourrai vous dire que ce que j’écris n’est que fantaisie, et que rien de tout cela n’arrive IRL, qu’il faut me regarder poliment et nulle part ailleurs, et que votre bandaison m’offense. Vous serez bien sot de me croire.

Je pourrai vous dire que je n’ai jamais vécu ça, que cette complicité et cette émulation de l’âme m’affectent profondément, que vos mots me donnent le frisson tout le jour, et que j’attends avec impatience de vous serrer dans mes bras, et poser ma tête sur votre épaule, et ma main sur votre sexe. Là, vous pourrez me croire.

Je pourrai vous dire ma timidité, et mes rêves rougis par la vie, et l’oubli qui vous ronge déjà,  et le temps qui vous raconte les mots que je ne dis pas. Je pourrai juste rester là, jusqu’à ce que le froid éteigne votre désir, et on mangerait du chocolat.

Je pourrai ne rien dire et vous embrasser, simplement. Vous embrasser à pleine bouche, comme on s’accroche à l’infime espoir, vous embrasser de l’âme, avec la rudesse du désir éveillé, vous embrasser nos corps collés, scellés, votre main sous mon pull, votre sexe contre le mien, oui, vous embrasser.

Je pourrai vous dire que je n’écris que dans le désir, que dans chaque mot, dans chaque texte se cache un homme, peut-être vous, peut-être un autre. Que cela ne veut pas dire que j’ai aimé chacun de ces hommes. Mais qu’en chacun j’ai reconnu le particulier, le détail qui a nourri mon imaginaire, mon plaisir ou ma vie, allez savoir.

Je pourrai vous raconter un peu de moi, et vous regarder au fond des yeux, pour sonder votre âme, sentir qui vous êtes, et peut-être vous aimer. 


Et vous, que me direz-vous ?

PS : Ce texte contient une invitation à la réponse. Découvrez la très belle missive toute en délicatesse de Dreams and Moods sur son blog.

6 Comments

  • Un jour, nous nous rencontrerons. Nous ne savons pas quand, mais cet instant sera un don.<br /><br />Je me laisserai bercer par vos promesses, comme je voudrai y croire. La beauté de l&#39;Amour ne se conjugue qu&#39;au futur en tenant la main de son Aimée dans le présent. Les étoiles au fond des yeux, les mensonges au creux des oreilles, nous voyagerons au rythme de nos frissons.<br /><br />Le

  • Et bien, cher Dreams & Moods, je pense que le défi est brillamment relevé, non ? Non seulement je vous ai donné envie de répondre, mais en plus, vous me faites l’honneur d’une très belle réponse. Je vous en remercie sincèrement.

  • Moi je dis …chapeau… à ma Nora et à &quot;dreamsandmoods&quot;! <br /><br />Je vais vous laisser tous les deux vous exprimer dans une valse de mots et une salsa de sentiments! moi mon pied-botm&#39;empèche de danser ;))

  • Cher Thierry, <br /><br />N&#39;allez pas faire le timide. Ceci est une magnifique inspiration à 4 mains, par des jongleurs de mots. Quant aux sentiments, je ne me permettrais pas de valser avec ceux de quiconque, et encore moins ici… Et celui qui s&#39;aviserait de le faire avec les miens devra d&#39;abord me passer sur le corps. Euh… non, finalement, peut – être pas ! <br />Allons,

  • «Mais qu’en chacun j’ai reconnu le particulier, le détail qui a nourri mon imaginaire»<br />Ah fine allusion au pied-bot de @ThierryRegis mais ça s&#39;est vu !<br />;-))<br /><br />[Heureusement que l&#39;écriture permet les masques, ce serait sinon sans intérêt ! 🙂 ]

  • Zut ! Je suis vue ! Mes méta-messages sont décryptés par Monsieur Poireau !<br /> <br />[Bien sûr les masques, bien sûr… Sinon, à quoi bon ? ]<br /><br />Merci Monsieur Poireau, de votre lecture avisée 😉

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