Seul

Et tu donneras de ton temps, et tu donneras de l’espoir.
Et tu nourriras la peau, les rêves, l’envie.
Et encore, et encore, tu partageras les mots, les caresses, les sourires, tu croiras à l’impossible, et tu donneras ton cul.
Et encore, et encore tu avaleras le sexe, tu goûteras l’amande et la rose aussi, et tu câlineras, et tu lècheras, et tu mordilleras, tu glisseras ta langue sous la peau, tu donneras vie au beau,
Et encore tu baiseras épuisée, et tu panseras les plaies, et tu vacilleras de doutes, et tu avanceras pourtant,
Et encore, tu diras l’amour, parce que tu aimes, et tu murmureras à ses couilles combien elles te sont chères, et encore tu accueilleras sa queue dans tes entrailles meurtries, et encore tu ne demanderas rien, tu offriras simplement, sans attente de mots, de gestes ou de promesses.

Encore tu aimeras ce type, et tu le feras jouir.

Encore tu glisseras contre lui à la nuit noire, comme tu aimerais qu’il te prenne,
Encore tu mangeras sa main, et caresseras sa queue,
Encore tu seras la chienne en rut, et tu soupireras tes joies,
Encore tu baiseras amoureuse, et tu feras la dure,
Tu diras que ce n’est rien, tu relèveras la tête, tandis que tes chevilles seront de plus en plus d’argile, tandis que ton ventre lutte contre la mort, tandis que sa bite te laboure les tripes comme ses mots glacés manquent d’amour.
Tu oublieras ce que t’ont coûté ces dessous de soie, qu’il déchire avant de t’empaler,
Tu arriveras à croire que c’est par amour qu’il t’ignore ce soir,
Tu voudras croire au mauvais rêve

Tu chercheras le sommeil. Et tu sais qu’il sera encore là, comme une béance jamais réparée, comme un organe qu’on arrache, comme une petite mort dans tes idéaux. Et il jouira sur ton ventre, ta peau, tes cheveux, ton visage, il jouira sans toi.
Il jouira seul. 
Et tu l’as pourtant aimé.




Ce texte a été publié dans le recueil « Hurler des fleurs ».

Laisser un commentaire