Dringuelle

Il y avait cette odeur de terre. Tu hésitais pourtant. Il fallait plus. De la sueur, de la moiteur des sexes humides, du sel marin. Comme les peaux habitées sentent la vie plus que le rien. Comme ces voyages-là sont doux à l’humain. Je caressais mon sein, nonchalamment. Tu regardais mes yeux. Le sourire dedans. L’éclat de lumière qui se reflétait dans le gris. La larme qui avait séché, après ce rire insensé. Tu regardais mon doigt sur le téton rosé. Et la peau délicate se ridait doucement, et les cuisses se frottaient l’une à l’autre, soie contre soie, lèvres rosies. Caresse mon sein avec ta langue. Doux, très doux, mords. Colle ta main sur la mienne, et dansons sur mon sexe. Ton majeur est ma valse, il esquisse un pas entre les suaves, effleure la chair fragile. Mords plus fort. Enfonce le doigt. Va cueillir l’humide au fond de moi.

Alors je dénoue mes genoux, tu vois ? J’abandonne ta main à mon sexe, ils ont à faire maintenant. Je reviens à ce téton tendu, à ce sein rond, à cette peau de lait qui se fait frisson. Du cou au nombril, je caresse et nourris mon envie de jouir. Je veux que dans mon dos, le coquelicot tatoué s’anime aux mouvements de la vague, à l’onde qui me laissera  assouvie.  Ta bouche. Je veux ta bouche entre mes cuisses. Je veux ta langue vagabonde, et mon parfum sur tes lèvres. Je veux quand je t’embrasserai, après, dans mille ans, sentir l’iode et l’abricot exhaler de ta peau.

Dans mille ans.

3 Comments

  • les odeurs de sel et de fruit se mêlent dans mes narines et mes doigts vibrent dans une danse inconnue ; gravant cette sensation pour bien plus que mille ans…

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