Tempus fugit

Tu te souviens, quand le corps tendre et la peau lisse je te racontais l’amour ?

Dessous les côtes le cœur brûlant. Le cul libre et l’audace des forêts  et du carrelage pour écrin à nos sexes joyeux. Ta main sur mes hanches puis contournant mon sexe, apprivoise et éveille l’émoi. Bouche ouverte, chercher l’ai parfumé à tes lèvres, le goût de sel sur mes doigts, souvenir de toi.

Plus tard, te souviens-tu  que mes hanches ont porté vie, et tes doigts ont osé mon cul ? L’appétit renouvelé , comme des retrouvailles à flancs déchirés, les nuits flamboyantes, et ton sexe labourant le mien, les ongles sur mon épaule, ma bouche au creux de ton cou, souffles courts, urgence: jouir. Et temps vole, et mon sein se fait plus doux, à bouche plaisir, tu lèches et mordilles. Glisse ta main sous ma robe, je souris gentiment au serveur du restaurant, baisons dans la voiture, frissons volés, reins creux, ton souffle court et ton sexe droit, mes cuisses autour de toi. La voiture tremble, ta voix dans la nuit, j’aime ton cri de jouissance.

Aux rides qui me dessinent, la douceur et la fantaisie. A nos corps raidis, les plaisirs parallèles, le coeur palpitant encore, même faible, même vieux, et la peau si douce, fine, comme les ficelles de l’en-vie. Dormir blottis et goûter l’aube d’un corps alangui, le confort d’un lit, l’émotion écarlate du ventre dévoré, au matin vaillante. Et ce parfum, toujours, de ta peau après la nuit, entre désir et souvenir.

Nos corps presque vieux exaltent encore, tu sais.

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