Aux murs

Tu es là. Tu es toujours là. Je regarde par la fenêtre, et l’eau me raconte toi. Comment tu glisses sur ma peau, les nuits d’étoiles, comment tu rêves et tu oublies, comment le ciel te rend si belle quand il fait nuit.

Tu coules dans mes veines. Tu berces mes nuits. Tu es la maman, caressante au petit matin, et la putain magnifique que je piétine en tous sens, quand je glisse dans tes plis, marquant ton corps de la pointe du talon, insatiable et violente.

Et de s’étreindre sous tes yeux, indécents amants qui provoquent terre entière, entre tes artères mes soubresauts. Et tu regardes, humide, écartelée, silencieuse, ces corps enchevêtrés sous tes violons enflammés, ces élans de passion, ces jouissances écarlates sous la lune indécise. Claquent les peaux nues, entends-tu ? Claquent et rougissent, les joues, les lèvres, les sexes, parfumés de baisers volés.  Lorsque le violon de l’amant court entre mes cuisses, l’archet de chair, la note ultime, quand frappe le marteau sur le do fragile, que mes reins s’échauffent du manque, tu frissonnes aussi. Quand le plaisir approche, gronde au ras du sol, quand la louve souffle et gémit, tu trembles toi aussi. Et que l’homme approche, et que son sexe velours rampe entre mes cuisses moites, quand la vieille maison soudain fricote avec l’envie, tu respires plus vite, tu exhales la terre et mille vies.

Pourtant, tu, sais, je t’aime.  Laisse moi couler dans tes rivières, être l’oiseau de la fontaine, le bateau infidèle, la femme qui revient toujours dans ton lit. J’aime tes reflets gris et tes gazons maudits. Ma ville, ce soir, vit l’épilepsie des soirs d’ivresse, de doigts humides en sexe d’eau.

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