Opale

Elle a un goût de caramel blond sans amertume. L’image de son sexe rose sur le drap blanc, la chair pâle de ses cuisses me retourne l’âme comme on découvre Jérome Bosch, en approchant ce renflement léger entre les lèvres, presque palpitant, faille de velours aux émois presque bleus.

Mes pouces caressent l’entre-deux-mondes de ses lèvres moites, effleurent le capuchon arrondi, tandis qu’elle écarte les cuisses,  exhibe son sexe béant, exigeant que j’y entre, que je m’y perde, ma bouche grenat et mes doigts maladroits. La chair se fait luisante, sel d’envie, que je goûte du bout de la langue, avec prudence… Les fleurs de femme ont sur moi ce pouvoir d’ivresse, quand nos parfums mélangés me font perdre conscience.  Je dévore le tableau, comme pour remplir le gouffre du temps, l’urgence avant la mort. Les pétales cramoisis ont les mouvements doux d’un papillon qui se déploie.

Le parfum de mandarine. Le sucre délicat. Son ventre est une gourmandise. Son corps écartelé se délie. Ô demoiselle… Pourquoi, lorsque ton corps se cambre, tes cuisses se tendent, ton sexe étrangle mes doigts, pourquoi tes yeux restent-ils fermés ?

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